Influence sur les comportements de santé, retards de recours aux soins, détournement ou de fragilisation de l'adhésion au traitement… Les répercussions de la désinformation en santé étant nombreuses, le gouvernement lance ce mercredi, un Observatoire de la désinformation en santé pour faire de cette lutte "une priorité". Notamment avec l'adoption en janvier 2026 d'une stratégie nationale dédiée, a rappelé hier le cabinet de la ministre de la Santé, lors d'un brief presse. 

Intégrée dans cette stratégie nationale dotée d'une feuille de route "construite avec des experts scientifiques, des professionnels de santé, des journalistes, des chercheurs, des associations de patients, des représentants de la société civile et des acteurs du numérique", l'observatoire a été lancé dans le cadre d'Octobre rose, "un sujet vraiment très exposé aux fake news", souligne le cabinet du ministère : "Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez la femme et ces infox ne sont pas anodines" car elles "entraînent un renoncement au dépistage, une remise en cause des traitements et potentiellement [le fait de] se tourner vers des pratiques non validées scientifiquement". 

L'objectif de ce nouvel Observatoire - qui doit répondre à "une urgence sanitaire mais aussi démocratique" qui "mine la confiance, le débat, la cohésion sociale et l’action publique", comme l'a déclaré Stéphanie Rist lors du lancement - est donc "de garantir l'accès à une information fiable et scientifiquement fondée" avec une "politique de prévention sur les fausses informations". 

 

En quelques chiffres

Et pour "mieux comprendre le phénomène de la désinformation", le ministère a mené une étude* quantitative et qualitative qui a donné lieu à un baromètre présenté lors du lancement ce mercredi matin. Plus de 7 répondants sur 10 (72%) se disent préoccupés par le sujet de la désinformation en santé. De plus, 91 % ont déjà été exposés à des informations fausses ou trompeuses en matière de santé et "près de 4 Français sur 10 (38%) déclarent être exposés à des informations fausses ou trompeuses en matière de santé au moins une fois par mois, voire au moins une fois par semaine pour 18% d'entre eux". Notamment sur les réseaux sociaux. 

Et 61% des interrogés estiment que ces informations "influencent leur comportement et pratiques du quotidien, et en particulier les jeunes", ajoute le cabinet. Enfin, près de 3 Français sur 10 (29%) "affirment qu'il leur est déjà arrivé de suivre une fausse recommandation", 63% ne se disent pas capables de distinguer une vraie d'une fausse information et 64% indiquent vérifier souvent ou systématiquement la source. 

Le baromètre montre que si 87% des répondants s’intéressent aux questions de prévention et 86% aux maladies et problèmes de santé, 32% ont modifié ou interrompu un traitement prescrit après avoir été exposés à une information trompeuse. De plus, 42% trouvent difficile d’identifier des informations fiables... 

 

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