Gagnant du terrain, notamment sur les réseaux sociaux, la désinformation en santé inquiète au plus haut sommet de l'Etat. Le gouvernement a décidé hier de "mettre le holà" en présentant sa stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé, mise en œuvre par Yannick Neuder qui, alors ministre de la Santé, avait fait de la lutte contre les fausses informations, l'un de ses chevaux de bataille, en créant un observatoire pour lutter contre les fausses informations en santé en avril dernier puis en lançant une mission d’expertise indépendante en août dernier. Hier, sa successeuse, Stéphanie Rist, a dévoilé les mesures contenues dans la stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé ainsi que les résultats de la mission sur l’information en santé qui s'est déroulée d'août à novembre 2025.  

Menée en 156 entretiens approfondis, cette mission note plusieurs constats sur ce "phénomène qui concerne potentiellement tous les acteurs (scientifiques, professionnels de santé, autorités publiques, politiques…)", notamment un "manque d’éducation scientifique et en santé", une "place croissante des fausses croyances en santé", et une "visibilité et l’entrisme des pseudo-médecines". Le rapport de 800 pages souligne une "vulnérabilité collective" dans laquelle les réseaux sociaux jouent un rôle prépondérant en tant qu'"amplificateurs de la désinformation, avec une volumétrie croissante", auquel il faut ajouter "une défiance dans la parole publique" et surtout, une "désinformation organisée et financée".  

 

Rechercher, protéger, encadrer et sanctionner

Les experts en charge de ce sujet ont ainsi livré 9 recommandations pour empêcher la "science [de] déserter l’espace public". La première appelle à "développer une éducation à l’esprit critique, une culture scientifique partagée et une culture citoyenne en santé" tout en renforçant "l’éducation aux médias appliquée à la santé, en apprenant à rechercher et à vérifier les sources".  

La task force insiste aussi sur la nécessité de "renforcer la formation à la science, à l’esprit critique et à la littératie numérique des professionnels de santé et scientifiques, des journalistes, des cadres publics et les élus" et à bannir la labélisation académique des pratiques de soins non conventionnels (PSNC) non validées".  

Troisième recommandation : l'élaboration d'un "Plan public d’information et de lutte contre la désinformation" de chaque institution ou organisation, avec une "introspection régulière" sur les pratiques de production et de diffusion de l’information, le tout avec un "affichage clair des ambitions et des priorités de l’institution".  

En écho au Nutri-Score, la mission demande l'instauration d'"un outil d’évaluation et d’information de la qualité éditoriale des sources d’information en santé, sur la base du volontariat", avec "des critères publics, transparents et reproductibles, une traçabilité et qualité des sources, une validation scientifique, une actualisation et une gestion des erreurs".  

 

RETOUR HAUT DE PAGE