Si "la moitié des jeunes" interrogés déclarent se sentir "bien", voire "très bien", l’étude "Mentalo" - menée auprès de 200.000 jeunes et dont les résultats ont été publiés hier soir - révèle des disparités importantes selon l’âge, le genre et la situation socio-économique ressentie. Ainsi, "près d’un tiers des participants présentent un risque de détresse psychologique modérée à sévère, de type anxio-dépressif", détaille Karine Chevreul, professeure de santé publique et directrice du projet Mentalo, lors de la présentation des résultats hier soir à Paris. Et les filles sont deux fois plus nombreuses : ce risque "concerne 49 % d’entre elles", contre 23 % des garçons et "67 % des jeunes non binaires".

Lancée en mai 2024 par l’équipe de recherche Eceve de l’Inserm et l’université Paris Cité, l’étude a exploré pendant deux ans deux dimensions de la santé mentale : le ressenti psychique (du bien-être au mal-être) et le risque de détresse psychologique de type anxio-dépressif, évalué à l’aide d’un questionnaire. "Les participants sont interrogés à plusieurs reprises afin de suivre l’évolution de leur état psychologique et d’identifier les facteurs qui l’influencent", reprend Karine Chevreul. 

Une dégradation du bien-être dès le collège

L'entrée au lycée constitue un moment charnière dans l’évolution de la santé mentale des jeunes. Alors que 63 % des collégiens déclarent aller “bien”, voire “très bien”, cette proportion tombe à 50 % chez les lycéens, puis à 44 % chez les étudiants et les jeunes travailleurs. Elle atteint même 30 % chez les jeunes adultes sans activité. Une évolution particulièrement marquée chez les filles : "La moitié des collégiennes déclarent se sentir bien mentalement, contre un peu plus d’un tiers des lycéennes". 

L’étude relève également une dégradation du bien-être mental des collégiennes entre 2024 et 2026. "Sur cette période, la proportion des jeunes filles en âge d’être au collège qui déclarent se sentir ‘bien’, voire ‘très bien’, est passée de 66 % à 37 %."

Quatre jeunes sur dix déclarent se sentir seuls, révèle aussi l'étude Mentalo. Or, ceux qui éprouvent ce sentiment présentent un niveau de bien-être mental "jusqu’à trois fois plus faible que ceux qui ne se sentent pas seuls". 

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