Parce que "agir tôt, c'est soigner mieux", un rapport publié hier par le ministère de la Santé préconise dix mesures d'urgence pour le repérage et l'intervention précoce en santé mentale des jeunes. "Les troubles psychiques sont la première cause de morbidité et de handicap chez les jeunes entre 15 à 25 ans", une "période de vulnérabilité qui peut impacter le futur de la personne et de son entourage mais aussi d’une fenêtre d’opportunité pour des interventions qui influencent favorablement le pronostic à long terme", assurent Rachel Bocher, psychiatre des hôpitaux et cheffe de pôle au CHU Nantes, Marie-Odile Krebs, psychiatre d’adulte, cheffe du pôle Pepit au GHU Paris psychiatrie et neurosciences, et coordinatrice du réseau Transition et du projet de recherche Psycare, et Angèle Malâtre-Lansac, déléguée générale pour l'Alliance de la santé mentale, dans ce rapport commandé en 2025 par Yannick Neuder. Cette intervention précoce chez les jeunes "nécessite de faciliter le parcours d’accès aux soins, du repérage jusqu’aux soins spécialisés, et de penser l'articulation entre les intervenants de première ligne, les soins primaires et les soins spécialisés, avec la difficulté particulière de couvrir les âges de la transition de l’adolescence à l’âge adulte", assurent-elles.
Car malgré les initiatives mises en place en France pour détecter la souffrance psychique (Sentinelles du 3114, Premiers secours en santé mentale, Point Accueil Écoute Jeunes…) et pour faciliter l’accès à certains professionnels (Mon soutien psy, Maisons des adolescents…), citent les auteures du rapport, ces dispositifs de première ligne "ne résolvent pas la question de l’accès vers des soins spécialisés dans un délai adéquat quand une prise en charge médicale est nécessaire". En effet, "le délai d’accès aux soins pour des troubles psychotiques débutants est compris entre 2 et 5 ans, et parfois bien plus dans les soins courants (près de 10 ans pour les troubles bipolaires)", déplorent-elles, ajoutant "l'entrée dans les soins survient trop souvent dans une situation de crise" et que les dispositifs sont souvent "[éclatés]" et "[manquent] de coordination".