"Un obstacle majeur pour notre protection individuelle." C'est ainsi qu’Amélie de Montchalin, présidente de la Cour des comptes, a qualifié l'absence d'un carnet de vaccination électronique – pourtant promis par plusieurs ministres – lors de la publication d'un rapport  consacré à la politique de vaccination depuis 2018 et publié ce lundi 7 septembre. Et c’est là "un élément de fragilité" en matière de santé publique car en cas d'épidémie, "le degré de protection de la population [ne serait] pas connu", a-t-elle insisté.

Si le rapport note des "avancées à conforter", il insiste particulièrement sur la "mobilisation à renforcer". Car "le carnet de vaccination électronique est intégré dans 'Mon Espace Santé'" mais "seuls 35% des assurés sociaux ont activé l'application, et parmi eux, seuls 11% ont des données de vaccination qui y figurent", selon les chiffres de la Cour. "Seuls les pharmaciens (qui vaccinent contre la grippe) alimentent massivement le 'Mon Espace Santé' de leurs patients", précise le rapport tout en ajoutant que les "outils informatiques des autres professionnels de santé vaccinateurs - les médecins par exemple - ne permettent souvent pas de compléter rapidement et sans heurts le carnet de leurs patients". 

La Cour relève d'ailleurs que l'historique vaccinal demeure aujourd'hui essentiellement conservé sur support papier ou dans des solutions numériques privées, alors que la création d'un outil public est annoncée depuis plus de quinze ans. 

 

RETOUR HAUT DE PAGE