Article publié dans Concours pluripro, juin 2026
Cegedim Santé, Weda, MédecinDirect, Cerballiance... Les incidents de cybersécurité se multiplient depuis plusieurs mois, avec des vols de données administratives de patients mais aussi des données relatives à leur état de santé ou à leur vie privée, donnant accès à des fichiers en vente sur le dark web. Entre 2022 et 2024, plus de 1 900 incidents informatiques ont été déclarés par des établissements de santé ou médico-sociaux, dont près de la moitié d'origine malveillante. Des incidents qui ont pour effet de passer en mode dégradé ou d'interrompre la chaîne de prise en charge des patients.
Dossiers patients bloqués, logiciels paralysés, données personnelles compromises : autant d'exemples aux conséquences directes sur l'organisation des soins, le respect du secret médical et la responsabilité professionnelle. Comme le rappelle Jean Canarelli, délégué général aux Données de santé, au Numérique et à l'Innovation auprès du Conseil national de l'ordre des médecins, "la médecine est un terrain de choix pour les cyberattaques en raison de la valeur des données médicales, que ce soit sur le plan mercantile mais aussi sur le plan symbolique". Ces données sont particulièrement sensibles, notamment dans des structures de soins moins lourdes que celles impactant les hôpitaux ou cliniques, avec des systèmes informatiques moins protégés. Or, certaines structures coordonnées méconnaissent encore l'étendue de leurs obligations en matière de protection des données. Les types d'attaque les plus courants vont concerner le vol de données, avec un accès non autorisé aux logiciels médicaux, une intrusion via des logiciels non mis à jour, le blocage des dossiers patients contre rançon ou encore la diffusion de faux e-mails (Urssaf, Assurance maladie, laboratoires d'analyses médicales...).