Article publié dans la revue Egora n°308

Gouvernement sommé par un député socialiste de Mayenne d’ "assurer la présence des médecins là où on a besoin d’eux" ; habitants du Lot-et-Garonne favorables à 90 % à la régulation de l’installation des médecins (sondage Sud-Ouest) ; stage obligatoire en libéral "dans les territoires carencés" pour les étudiants en médecine promu par Valérie Pécresse ;  proposition d’un député Modem de Dordogne de mieux rémunérer les consultations de médecins (à 30 euros) qui s'installent dans les "zones sous-denses"… La question des déserts médicaux resurgit bruyamment dans le débat politique, à six mois des élections présidentielles. Parallèlement, l’épidémie de Covid-19 a notamment mis en lumière l’importance et les limites de l’action des collectivités territoriales, et des voix s’élèvent pour demander un renforcement des compétences des communes et des intercommunalités en matière de santé.
C’est dans ce contexte que le Sénat – représentant des collectivités territoriales de la République – s’est une nouvelle fois saisi du sujet et entend bien pousser le gouvernement à l’action.

 

Patientes délaissées

Le 14 octobre, la Délégation aux droits des femmes du Sénat a présenté son rapport Femmes et ruralités : pour en finir avec les zones blanches de l’égalité , après dix mois de travaux pour évaluer la situation des 11 millions de femmes qui vivent dans ces zones. Parmi tous les champs étudiés, "la santé des femmes ne constitue clairement pas une priorité" dans les territoires ruraux, pointe la délégation. Soulignant que les femmes y sont bien plus touchées que les hommes par la désertification médicale, en raison du manque de gynécologues, de la fermeture de maternités, du renoncement aux soins, du faible taux de dépistage des cancers notamment féminins. S’en suivent une série de recommandations parmi lesquelles l’obligation, pour les médecins jeunes, de trois années d’exercice dans les départements sous-dotés en offre de soins, ainsi que la valorisation du rôle des sages-femmes et de celui des pharmaciens.

La suite de cet article est réservée aux abonnés.
Pas encore de compte? Inscrivez-vous
RETOUR HAUT DE PAGE