Dans un communiqué de presse diffusé le 26 mars dernier, Laure Beccuau, procureure de Paris, confirme que "sept personnes ont été déférées [la veille] devant le juge d’instruction et mises en examen pour les infractions d’escroquerie en bande organisée, blanchiment en bande organisée, et participation à une association de malfaiteurs". En cause : des fraudes à la CPAM pour un montant estimé à 58 millions d’euros. Parmi ces suspects "âgés de 23 à 57 ans", précise Le Parisien, qui a mis en lumière cette affaire, "une personne a été placée en détention provisoire, les autres sous contrôle judiciaire", précise le communiqué, ajoutant qu'"à ce stade, plus de 300 000 euros ont été saisis, et [que] des gels sont en cours".
Tout commence le 10 avril 2025, quand l'Office central de lutte contre le travail illégal est informé par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) de "fraudes sérielles suivant le même mode opératoire dans le cadre de l’activité de centres de santé associatifs". Sont concernés 18 centres de santé implantés à Paris, Marseille, Soissons, Clamart, Neuilly-sur-Seine, Boulogne, Montmorency, Rueil-Malmaison, Gentilly, Vincennes, Fontaine. "Des prête-noms et une flotte de téléphones dédiés étaient utilisés pour l’ouverture de comptes, essentiellement depuis Neuilly-sur-Seine", précise le communiqué. Ce qui confirme les propos d'un courrier anonyme adressé un mois plus tôt à l’Assurance maladie sur ces fonctionnements. Le parquet de la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Paris a donc ouvert une enquête en septembre 2025, puis une information judiciaire le 23 décembre, précise la procureure.