"Est-il pertinent de consacrer plusieurs millions d’euros d’argent public à l’installation de nouveaux opérateurs de téléconsultation ?", questionne MG France dans un communiqué reçu aujourd'hui. En cause : l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) "Offre innovante en santé délocalisée et télémédecine", lancé le 21 juillet dernier par le gouvernement et qui vise à expérimenter le déploiement de solutions technologiques - déjà opérationnelles ou en passe de l'être – "susceptibles d'améliorer l'accès aux soins là où l'accès aux professionnels de santé reste difficile".
Le dispositif permettrait de subventionner jusqu'à "50 % des dépenses d’un projet", dans la limite "de 3 millions d’euros", pour le déploiement de cabines et espaces de téléconsultation, d’équipements médicaux connectés et des organisations nécessaires à leur fonctionnement. Un engagement financier "majeur de l'Etat" et qui "interroge", reprend MG France, alors même "que notre pays manque de médecins", "que des millions de patients n’ont pas de médecin traitant" et "que la médecine de proximité manque avant tout de temps médical et de professionnels". Ainsi, si le syndicat des médecins généralistes reconnait que la télémédecine "peut être un outil utile au service de la médecine de proximité", il rappelle qu'elle ne doit pas devenir un modèle de production de soins "en détournant les professionnels de santé des consultations présentielles".
Alors, MG France, qui "refuse le modèle économique proposé, financé par l’Etat et solvabilisé par l'Assurance maladie", demande au gouvernement de "préciser publiquement quels besoins de santé auront vocation à satisfaire les candidats retenus" et "quelle garantie d'amélioration de l’accès aux soins est attendue". "À l’heure où se prépare un PLFSS qui va une nouvelle fois demander des efforts aux patients et aux professionnels, s'inquiète le syndicat, quel patient pourrait accepter que ces efforts permettent de renforcer les entreprises commerciales du soin, sans aucun apport réel et efficace sur le suivi ?"