"Un coup de massue derrière la tête…" La déception est immense pour Olivier Leroy, médecin généraliste à Angers, après la fermeture du cabinet consacré aux patients sans médecin traitant, confie-t-il à Ouest-France. Après 18 mois d’expérimentation, la structure a cessé son activité au 31 juillet, faute de financement permettant de poursuivre le dispositif, alors qu'Angers compte "28.000 patients sans médecin traitant" et "47.000 à l’échelle d’Angers Loire métropole", précise Olivier Leroy : "On a dû voir environ 600 patients, sans que le cabinet soit ouvert tous les jours. Aujourd’hui, au moins 35 patients ont retrouvé un médecin traitant. Cette fermeture, c’est vraiment du gâchis."
Le projet avait été lancé avec 31 médecins généralistes de l’agglomération angevine, réunis au sein de l’Association des professionnels de santé angevins. Le fonctionnement reposait sur la mobilisation volontaire (vacations) des médecins généralistes du territoire pour faire tourner ce "cabinet secondaire" dont l’adresse était volontairement tenue secrète. Les patients n’y accédaient pas directement comme dans un cabinet médical classique. Certains étaient orientés après une régulation par le 15 ou le 116 117. "C’est la vocation même de cette structure, tampon d’un système en perdition, soutenue par l’ARS", précisait le praticien auprès de Ouest-France en mars dernier.
Traumatisme à la cheville, lumbago, éruption cutanée, grippe… Un objectif double puisque, en étant pris en charge en ville, ces patients évitaient d'engorger les urgences. "Aller aux urgences, c’est un choix par défaut pour ces patients, ils se trouvent dans une situation anxiogène. Sauf qu’ils embolisent les urgences, ça peut être tellement préjudiciable…"