"Prolifération organisationnelle." C’est l’expression utilisée par Patrick Castel, sociologue au Centre de sociologie des organisations de Sciences Po, pour caractériser une tendance lourde de nos systèmes de santé, soit "la création d’entités organisationnelles censées coordonner les acteurs sans disposer d’autorité hiérarchique ni de moyens financiers conséquents". Issu d’un chapitre de Pratiques de coopération en santé, ouvrage collectif récemment publié par l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), ce court extrait fait écho au quotidien de tous ces professionnels qui, sur les territoires, tentent, avec des moyens limités, de faire avancer une foule de structures appartenant à la fois au monde de la ville, de l’hôpital ou du médico-social. Mais ce que Patrick Castel ne dit pas, c’est que, malgré les difficultés, tout ce petit monde parvient à s’harmoniser tant bien que mal. Ce qui aboutit à un petit miracle quotidien : le passage d’une approche centrée sur la patientèle propre à une approche centrée sur la population dans son ensemble.

Ce sont des métiers multiformes qui sont encore en train de se construire
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