En 2023, 9,4 % de la population adulte âgée de 18 à 64 ans a expérimenté la cocaïne au moins une fois dans sa vie, contre 1,8 % en 2000. Un usage plus répandu chez les hommes (13,4 %) que chez les femmes (5,5 %), même si l’écart tend à se réduire. Et ce sont les 25-34 ans qui sont les plus touchés, avec 5,4 % d’usagers récents. C'est ce que révélait, le 22 janvier dernier, une expertise collective réalisée par l’Inserm à la demande de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) et du ministère de la Santé. Une étude qui se fonde sur l’analyse de la littérature scientifique internationale (plus de 2.600 références examinées) par un groupe d’experts couvrant les domaines de l’épidémiologie, de la sociologie, de l’économie, de l’addictologie, de la prévention, de la réduction des risques et des dommages, et des trafics.
Recherche de performance, gestion du stress, ou usage récréatif (42 % des festivaliers en consomment)… En France, la consommation de cocaïne est en "augmentation constante", liée à une offre en pleine expansion, alimentée par l’augmentation de la production dans les pays d’Amérique latine et par le développement du narcotrafic. Le réseau français d’addictovigilance notait, en 2022, que la cocaïne était la première substance psychoactive injectée en France, principalement sous forme de poudre. Une consommation qui représente "une crise sanitaire", "sécuritaire" et "sociale", alertait Clotilde Champeyrache, chercheuse, économiste, directrice de recherche au Conservatoire national des arts et métiers, directrice du Pôle sécurité défense renseignement criminologie crises cybermenaces, lors de la présentation de l'Inserm. Mais aujourd'hui, les politiques actuelles "apparaissent insuffisantes car elles contribuent notamment à stigmatiser les personnes", ajoute-t-elle.