Avec 11.9% de son PIB consacré à la santé, la France est le cinquième pays à investir le plus dans la santé. Pourtant Thomas Fatôme lance "une forme d'alerte rouge" sur le "déficit" de l'Assurance maladie. Car "même s'il sera peut-être moindre en 2026, il reste aujourd'hui à des niveaux extrêmement élevés [le déficit pour 2026 est estimé à 13.8 milliards d'euros, NDLR]", a souligné le directeur général de la Cnam, lors de la présentation du rapport Charges et produits hier en début d'apres-midi. "Une part de ces dépenses est liée au Ségur de la Santé qui n'a pas été financée, mais la part la plus importante et la plus inquiétante, c'est la part structurelle de dépenses qui vont plus vite que nos recettes. Donc on renouvelle ce cadre de pilotage pluriannuel qui est celui de maîtriser les dépenses d'Assurance maladie à la même vitesse que la richesse nationale." Si rien n'est fait pour rééquilibrer la balance financière, la Cnam estime que le déficit pourrait atteindre 41 milliards d'euros en 2030...

Elle s'est engagée donc depuis plusieurs années, dans le virage du préventif, "grande cause décennale", mais aussi dans une meilleure (ré)organisation des parcours de soins, de la prise en charge en ville (premier et second recours) et à l'hôpital, le passage dans le droit commun des expérimentations "article 51", le maillage territorial des CPTS et le déploiement de France santé, notamment au travers des MSP... "C'est tout l'objectif de l'exercice coordonné", a déclaré Thomas Fatôme, tout en précisant qu'il y avait aujourd'hui "trois fois plus de maisons de santé qu'il y a cinq ans. Et avec France Santé, (...) nous allons encore approfondir cette dynamique." Une dynamique portée par 850 CPTS (et une couverture de plus de 90% de la population), 3.000 maisons de santé en fonctionnement (et un objectif de 4 000 en 2027), mais aussi quelque 160 projets "article 51" autorisés pour 835 millions d'euros engagés, 1.5 million de personnes concernées. 

 

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