"Notre système de financement rémunère plus facilement un acte qu’un parcours." Le constat formulé par Agnès Firmin Le Bodo et Karine Lebon rejoint une préoccupation des équipes pluriprofessionnelles : comment financer le travail qui relie les interventions de chacun ? Dans leur rapport sur le PLFSS 2027 - adopté le 20 octobre par la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale - les députées l’appliquent au parcours des victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS), "un enjeu majeur de santé publique". Ensemble, elles portent une proposition pour les acteurs de l’exercice coordonné : expérimenter, dès le PLFSS pour 2027, un financement spécifique de la coordination du parcours. Car selon le Haut conseil à l’égalité, les victimes mettent pourtant en moyenne 13 ans à accéder à une prise en charge adaptée, et un quart d’entre elles n’y accède jamais.
Pourtant "les dispositifs sont nombreux (urgences, unités médico-judiciaires, centres régionaux du psychotraumatisme, Maisons des femmes, associations) existenets" mais ils "restent juxtaposés [et] la coordination repose encore trop souvent sur la victime elle-même", souligne le rapport. De plus, il faut ajouter les "obstacles financiers (avance de frais, dépassements d’honoraires, soins psychologiques insuffisamment pris en charge, frais de transport) et de fortes inégalités territoriales". Le rapport pointe aussi une lacune révélatrice : aucune administration, que cela soit la Cnam, la DGOS ou la DSS n'est aujourd'hui capable de chiffrer le coût de ces violences pour l'Assurance maladie. "L’absence de parcours a, elle aussi, un coût", notent les députées.