"Alors qu'une infirmière sur deux aurait déjà été victime de violences sexistes et sexuelles, près de 40% d'entre elles n'ont entrepris aucune démarche contre leur agresseur", déplore Alain Desbouchages, président du Conseil national de l'Ordre des infirmiers (CNOI), lors d'une conférence de presse ce mercredi matin à Paris. Comportements déplacés, outrages, agressions sexuelles… "Ces violences témoignent d'un climat lourd, présent aussi bien à l'hôpital, qu'auprès des patients à leur domicile", reprend Samira Ahayan, secrétaire générale adjointe du CNOI.  

Pour lutter contre ces violences sexistes et sexuelles, l'Ordre des infirmiers "s'engage" et dévoile sa campagne nationale pour "briser le tabou, lutter contre la banalisation des violences, rappeler la loi, accompagner la libération de la parole et protéger les victimes".  Déjà en 2024, il avait mené une grande consultation, à laquelle ont participé plus de 19.000 infirmières et 2.000 infirmiers. Un recueil de données informatif dont les chiffres largement diffusés avaient fait émaner une grande préoccupation sur le sujet. D'autant que près de 1 répondante sur 4 déclare avoir été victime d’une agression sexuelle dès sa formation initiale et 43 % des diplômés depuis moins de deux ans. Une "précocité des faits" inquiétante, reprend Alain Desbouchages, inquiet du "moment de forte vulnérabilité professionnelle" dans laquelle se trouvent ces jeunes infirmières et qui "alimente un climat d’acceptation tacite de comportements inappropriés dès l’entrée dans la profession". L'instance souhaite donc agir en trois étapes : alerter et signaler, informer et accompagner, former et anticiper.

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