C’est "une année difficile", assure Rolan Lescure, ministre de l'Economie, en préambule du budget de la Sécurité sociale pour 2027, déposé hier en conseil des ministres. Mais l’an prochain, "nous reprenons le chemin de la consolidation budgétaire", espère-t-il. Et pour y parvenir, le PLFSS 2027 s'engage dans une dynamique de réduction "forte" du déficit "des régimes obligatoires de base de la Sécurité sociale", afin de le ramener à "12,7 milliards d’euros dès l’année prochaine"... soit plus de 9 milliards de moins qu’en 2026. Comment ? "Par des mesures portant très majoritairement sur les dépenses", détaille le texte, qui porte en particulier sur "des mesures fortes" de redressement de la situation financière des branches "maladie" et "vieillesse", qui seraient "fortement déficitaires en 2027" faute de nouvelles mesures. 

Le point sur les principales mesures qui concernent les professionnels de santé en exercice coordonné.  

  • France santé : objectif 5.000 structures  

Depuis les accords conventionnels signés à l’été 2026, les structures "France Santé” sont financées “de façon pérenne” par l’Assurance maladie, rappelle le texte. Si en 2026, l’objectif est d’atteindre les 2.500 structures labellisées, le texte prévoit un objectif de 5.000 maisons France santé d'ici 2027. Après l’enveloppe de 150 millions d’euros allouée en 2026, une “nouvelle enveloppe de financement” est prévue pour le déploiement l’an prochain. 

  • Des médecins solidaires

Le déploiement de France santé sera complété par "une mission de solidarité territoriale", précise le texte, afin de proposer, sur la base du volontariat, "une offre de consultations supplémentaires dans les zones particulièrement défavorisées". Ainsi "des médecins qui exercent à titre libéral et des médecins, salariés ou agents publics, d’une structure de soins", peuvent, en dehors de leur lieu d’exercice habituel, "dispenser des soins dans les zones identifiées comme prioritaires". Sont aussi concernés les médecins retraités et ceux signataires d’un contrat de remplacement en exercice libéral qui le souhaitent.

  • Peps dans le droit commun… pour les centres de santé

Côté rémunération, ce PLFSS prévoit de "conforter le mode de rémunération de structures d’exercice coordonné pour renforcer l’accès aux soins des personnes vulnérables". Le système de santé “repose principalement” sur une rémunération des professionnels de santé fondée sur le paiement à l’acte, mais ce modèle est “imparfait” pour prendre en compte les démarches de prévention, la coordination pluriprofessionnelle des soins pour les patients précaires ou chroniques. Ainsi, le texte prévoit de diversifier les modalités de rémunération, notamment en adoptant une rémunération forfaitaire “déterminée en fonction du nombre de patients et des caractéristiques de la patientèle”. Le texte rappelle également qu’en 2024, l’Igas proposait une tarification alternative au paiement à l’acte pour les centres de santé qui s’engagent dans une prise en charge en équipe de leur patientèle.  

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