Ils arrivent avec les psycho-traumatismes de leur parcours migratoire, mais la rue et la précarité les emportent vers un "nouveau" genre de trouble psychologique : un rapport met en lumière les effets du "non-accueil" en France sur la santé mentale des mineurs isolés étrangers. 

"Humeur triste", "détresse massive" qui peut mener jusqu'aux tentatives de suicide, caractérisent notamment ce trouble attesté par des psychologues de Médecins sans frontières (MSF) et du Comede (Comité pour la santé des exilés). Depuis quatre ans, ils suivent des centaines de migrants dans un centre de Pantin (Seine-Saint-Denis), où sont accompagnés les jeunes étrangers d'abord déclarés majeurs et qui tentent de faire reconnaître leur statut de "mineur non accompagné" devant la justice. Durant cette période, ils n'ont pas droit à la prise en charge par l'aide sociale à l'enfance (ASE) et vivent souvent dans "l'errance et la rue": "Les conditions d'accueil des mineurs non accompagnés au cours de la procédure en reconnaissance de minorité majorent les troubles psychiques préexistants de ces jeunes", écrivent l'ONG et l'association dans un rapport commun présenté mardi 9 novembre 2021.

Entre décembre 2017 et juin 2021, 395 de ces jeunes, essentiellement des Africains, ont été suivis dans le centre de MSF, après des parcours migratoires souvent chaotiques.
  

Un sur deux

"Lorsqu'ils arrivent en France, une partie de ces jeunes souffrent de troubles psychiques, pour la plupart des syndromes psycho-traumatiques et des dépressions", peut-on lire dans le rapport. Or, "la politique du non-accueil" en France favorise, selon les associations, "l'apparition d'un trouble nouveau chez les mineurs non accompagnés (MNA), réactionnel à la précarité". "Les MNA qui en sont atteints développent de nombreux symptômes : humeur triste, anxiété, troubles du sommeil et de la concentration, sentiment d'impossibilité à faire face, à faire des projets ou à continuer dans la situation actuelle", écrivent les auteurs, qui évoquent une "détresse massive et réactionnelle à un facteur de stress".

  

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