Face aux besoins en santé mentale criants, la CPTS Boulogne-Billancourt (Ile-de-France) a décidé d'innover ! Depuis début janvier, elle a mis en place un dispositif "de consultations psychiques à domicile" baptisé "Psymobile". "Depuis la crise du Covid, nous nous sommes rendu compte que la santé mentale était devenue un souci national et un enjeu majeur, explique Marie Giudicelli, psychologue et psychothérapeute au sein de la CPTS, jointe par Concours pluripro. De nouvelles pathologies sont arrivées, et puis celles qui étaient déjà existantes ont vraiment été très majorées...". Sans compter le fort besoin de "soins à domicile" et dont l'absence de réponse entraîne de "nombreux abandons de la part des patients" et donc, "une rupture de soins psychiques", poursuit-elle.

Réunis lors de nombreux "groupes de travail" afin de "réfléchir tous ensemble" les professionnels de la CPTS Boulogne-Billancourt ont décidé, dans un premier temps, de se déplacer pour “des profils particuliers”, soit notamment “des jeunes adultes et adultes, des personnes très anxieuses qui ne peuvent pas se déplacer", explique Marie Giudicelli, ajoutant que "les enfants et les adolescents ont été volontairement écartés ainsi que les personnes présentant des cas psychiques sévères, ces profils nécessitant un suivi spécialisé". Le projet s’adresse également aux personnes "qui ne sont pas à l’aise avec le numérique ou qui ne peuvent pas utiliser l’écran et donc la téléconsultation” ainsi que ceux “avec des douleurs chroniques ou post-opératoires" L’équipe a également voulu intégrer les personnes en fin de vie, “une population pour laquelle on se déplace rarement alors que cest un accompagnement très particulier poursuit la psychologue. Ça peut être un vrai plus pour eux, il y a une proximité humaine qui peut être intéressante".

 

D'une pierre, deux coups

Afin d'offrir un accompagnement des plus complets, les professionnels de la CPTS de Boulogne-Billancourt ont mis en place une "offre double", détaille Marie Giudicelli. "On propose soit un suivi psychologique au départ - les psychologues étant les professionnels évaluant la situation – qui peut découler sur une prise en charge par la sophrologue ou l'hypnothérapeute à hauteur d'une à deux séances en fonction des besoins."

Pensé comme un véritable parcours de soins, la prise en charge a été "très protocolisée" avec un processus de repérage qui s'effectue au travers des professionnels de santé adhérents de la CPTS. Ces sentinelles vont repérer et vont indiquer au patient l'intérêt d'une visite d'un psychologue à domicile. Ainsi, les professionnels de la CPTS (médecins, kinés, infirmières…) "vont donner cette liste aux patients" afin de les informer de l'existence du dispositif.

"Peut-être qu'il ne nous contactera pas, mais s’il le fait, il sera alors orienté vers un psychologue de son secteur. Le dispositif se compose d'un total de trois séances. Le psychologue va faire une première séance d’évaluation afin de voir ce qu'il se passe", indique Marie Giudicelli. À l’issue de l’évaluation réalisée par le psychologue lors de la première séance, celui-ci pourra proposer une prise en charge sur deux consultations. "Si la situation le nécessite, une orientation vers un suivi en psychiatrie sera plutôt privilégiée sur les conseils du psychiatre référent du dispositif, consulté par le psychologue. La réorientation pourra également se faire vers des praticiens de soins de support lorsque les besoins de la personne relèvent davantage de ce type d’accompagnement", poursuit-elle.

"A la fin, nous appelons le patient pour savoir s'il est satisfait, si cela l'a aidé et aussi et surtout, pour voir si nous devons nous stopper là ou pas." En effet, Psymobile se veut à la fois comme "une aide ponctuelle, un tremplin pour une prise en charge par la suite". Le dispositif compte également un psychiatre référent, "qui ne va pas se déplacer, mais qui va pouvoir nous aider si on considère qu’il y a un cas un petit peu délicat, comme un 'psychiatre-conseil'".

 

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