Article publié dans Concours pluripro, mai 2026

"Tu es expert en gestion de crise sanitaire et en organisation des CPTS. Je souhaite créer un scénario test annuel SSE pour ma CPTS, conforme aux attendus ARS." C’est par ces lignes que débute le prompt IA conçu l’an dernier par la CPTS Reims Métropole (Grand Est) pour s’entraîner en cas de SSE. Une démarche que Marion Louis et Julia Lebrun, respectivement directrice et membre du conseil d’administration en tant que coordinatrice des soins primaires en MSP, ont détaillée au 3e Congrès de la Maison des URPS, à Reims, le 26 mars dernier. Son objectif : "Bien se tester, pour éviter les cafouillages en cas de crise", résume Marion Louis.

Ce qu’est une situation sanitaire exceptionnelle ? C’est soit "un événement imprévu provoquant un afflux massif de demandes de soins", soit "une désorganisation de l’offre de soins dépassant les capacités habituelles de réponse", précisent-elles. Leur typologie est vaste : afflux de blessés (attentats, explosions, incendies, émeutes) ; afflux de malades (épidémie saisonnière, canicule, grand froid, pollution) ; agent infectieux émergent (coronavirus, fièvres hémorragiques virales...) ; agent NRC (accident ou attentat nucléaire, radiologique ou chimique) ; perturbation de l’offre de soins (pénurie de médicaments, intempéries...).

"L'esprit humain a besoin de tester"

Pour comprendre comment la CPTS Reims Métropole en est arrivée à activer le levier de l’IA, il faut revenir un peu en arrière. À sa naissance en 2024, l’association marnaise se doit, comme les autres CPTS, de rédiger un plan d’action visant à organiser sa participation à la réponse du système de santé en cas de SSE. C’est une mission socle de ces organisations territoriales depuis la publication de l’avenant 2 à l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI), en 2022... mais une injonction que la CPTS, comme beaucoup d’autres, perçoit comme une contrainte descendante, une tâche protocolaire et abstraite. L’équipe peine à visualiser sa place dans la chaîne de réponse.

Elle va la saisir en février 2025, à l’issue d’une formation "Gestion des SSE/crises sanitaires en CPTS", proposée par l’ARS Grand Est et l’EHESP. Deux jours durant, Marion Louis et Julia Lebrun suivent des enseignements théoriques et participent aussi à une simulation (autour d’un scénario d’inondation), qui rend les choses plus "concrètes", "ludiques". Là, "tout s’éclaire", sourit Julia Lebrun, également animatrice territoriale à la Femage(1) : l’organisation de la réponse de crise en France, le rôle de chacun dans la chaîne, et en particulier des CPTS (garantir la continuité des soins primaires), l’importance du travail en amont pour anticiper, ne plus improviser et donc réduire le délai de réaction... Elles en ressortent "hypermotivées", se souviennent-elles.

RETOUR HAUT DE PAGE