"Nous n’avons pas parlé des métiers des uns et des autres mais nous nous sommes concentrés sur l’objet CPTS." De ses 45 minutes d’échange avec le Dr François Braun et Agnès Firmin-Le Bodo à l’avenue Duquesne, Claude Leicher retient quatre points essentiels. Déjà, affirme le président de la FCPTS, "je suis content de voir que le ministre soit un praticien de terrain et donc quelqu’un qui n’aborde pas les choses avec une forme d’idéalisation. Ça a été un échange entre gens du terrain".

Après avoir replacé "les choses dans leur contexte", la FCPTS a abordé la question des chiffres : "733 CPTS en fonctionnement ou en projet, ça couvre quoi comme population ? Avec celles qui ont démarré leur projet de santé, on a observé une couverture de 80 000 habitants par CPTS. Vu le nombre de structures en gestation, on aurait potentiellement plus de 60 millions d’habitants couverts !, affirme Claude Leicher, qui estime que la CPTS "est un outil extrêmement puissant pour les politiques". François Braun aurait d’ailleurs reconnu "que quand il se passe quelque chose de très construit, il y a toujours une CPTS derrière. Mais inversement, ce n’est pas parce qu’il y a une CPTS qu’il se passe quelque chose… ", souligne-t-il.
 

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Au-delà des mesures prises cet été pour désengorger les urgences hospitalières, et auxquelles les CPTS ont participé "activement", la fédération a insisté sur l’intérêt "de mettre les acteurs des territoires de proximité en capacité d’agir ensemble de façon coordonnée, en respectant les missions de chacun". Une coordination qui ne pourra se faire si les pouvoirs publics ne "donnent la priorité à une gestion par les acteurs en proximité de la population", affirme le communiqué qui précise que cette territorialisation offrira "une réelle capacité opérationnelle" : "Le challenge est bien sûr que ces acteurs s’en saisissent."

 

Pas de métier "vendu à la découpe"

L’accès aux soins ne pouvant être réglé autrement "qu’en repensant l’organisation et la coordination des acteurs de premier recours", il est important de conduire cette évolution en donnant à chacun "la garantie que son métier est valorisé et non ‘vendu à la découpe’". Comment ? En mettant en synergie et en complémentarité les compétences de chaque profession avec des protocolisations construites sur le terrain, selon les ressources et les conditions d’exercice dans chaque territoire.

Quelle contribution des CPTS à la responsabilité populationnelle ? C’est au niveau de son territoire mais aussi du département que doit se construire cette contribution, notamment avec l’appui des délégations territoriales des ARS, affirme la FCPTS : "Il faut construire une coordination départementale des projets de santé des acteurs sanitaires sociaux et médicosociaux" à laquelle doivent participer les usagers et les élus. Concernant les demandes de soins non programmés, la fédération des CPTS souhaite que la généralisation de SAS opérationnels et que les initiatives des CPTS, auprès des médecins généralistes et des autres professionnels de santé, soient encouragées : "Le SAS, comme les CPTS, a vocation à être pluriprofessionnel."

 

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