"Je ne suis même pas sûre de savoir exactement ce que veut dire 'CPTS'… Je ne sais même pas quels sont exactement les objectifs de leurs projets de santé." Interrogée par Chrystelle Pestre, dans le cadre de sa thèse, cette médecin généraliste n’est pas la seule à bafouiller quand il s’agit d’évoquer les communautés professionnelles territoriales de santé qui fleurissent sur le territoire depuis leur création par la loi de modernisation de notre système de santé en 2016. Aujourd'hui, sur le territoire national, on recense un peu plus de 800 CPTS [835 selon la FCPTS, NDLR] qui "permettent l’organisation collective des professionnels de santé. Elles décident, à leur initiative, de s’organiser autour d’un projet répondant à des problématiques communes, visant à l'amélioration de la prise en charge de la population sur un territoire donné. Et s’écrivent dans une démarche de continuité, de cohérence, de qualité et de sécurité des services de santé, par une meilleure coordination des acteurs qui la composent", résume Chrystelle Pestre.  

Dans sa thèse "Perception et intérêt des médecins généralistes à l’égard des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) de leur territoire", présentée en décembre dernier au congrès du Collège national des généralistes enseignants (CNGE), elle a questionné 13 médecins généralistes, plus ou moins impliqués dans des structures autour de l'Université Paris-Est Créteil. Et, premier constat : les CPTS souffriraient de nombreuses idées reçues qui les empêchent de se développer sur le territoire…

 

Vision "erronnée ou réduite"

Car aux dires de Juliette Sussan, codirectrice de la thèse avec Laura Moscova, les CPTS restent assez méconnues en 2025. "Cela vient du fait que l’entité soit encore récente. Souvent, on connaît les CPTS grâce à des collègues, par bouche-à-oreille", estime-t-elle. Manque de connaissances, manque d’information, de communication mais aussi idées reçues. "Ces représentations ont laissé place à une vision de la CPTS erronée ou réduite pouvant représenter un frein à l’adhésion [des médecins généralistes]", expose Chrystelle Pestre.  

 

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