"Renforcer les compétences des autres professionnels de santé ne doit pas se traduire par un effacement progressif de la place du médecin ni par un appauvrissement de son référentiel métier", alerte le Conseil national de l'Ordre des médecins dans un communiqué de presse publié hier. Réagissant aux "réformes successives" de ces dernières années qui "tendent à transférer de plus en plus d'actes et de responsabilités vers d'autres professionnels de santé", l'instance ordinale assure être favorable à "l'autonomie, voire à l'élargissement des compétences lorsque celui-ci est pertinent et sécurisé". Et d'ailleurs, "les derniers textes relatifs à la réforme de la profession infirmière vont dans ce sens et méritent d'être salués".

En revanche, "autonomie ne signifie pas indépendance", et dans la coordination des soins, le rôle du médecin est "irremplaçable" martèle le Cnom qui s'interroge sur "la pertinence de dispositifs ou de nouveaux statuts qui, progressivement, remettent en cause la place du médecin dans le parcours de soins". Il cite notamment la généralisation de l'expérimentation OSyS qui permet aux pharmaciens de prendre en charge directement en officines certaines situations de premier recours ou encore les "réflexions en cours visant à faire évoluer le cadre d'exercice des infirmiers en pratique avancée (IPA)". Des réflexions notamment menées dans le cadre de la mission flash sur les IPA présentée le 8 juillet dernier.

"Derrière l'objectif affiché d'améliorer l'accès aux soins, le risque est d'affaiblir la coordination des soins et d'exposer les patients à des pertes de chances", martèle l'Ordre qui insiste : "Les champs de compétences ne doivent pas être redessinés au détriment des médecins et des patients."


"Le médecin est, et doit rester, le pilier de la coordination des soins en ville comme à l'hôpital, le garant de leur qualité et de leur sécurité", assure l'instance ordinale : "Alors que la démographie médicale est appelée à repartir à la hausse dans les prochaines années et que les projections annoncent une augmentation significative du nombre de médecins à l'horizon 2040 (+40% par rapport à aujourd’hui), il est essentiel de préparer l'avenir en consolidant leur place dans le système de santé, et non en organisant leur effacement."

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