Quelques minutes avant le début d’une autre table-ronde, Agnès et Blandine patientent, café à la main. "Beaucoup de nos collègues sont parties avec des délégations. Nous, on a préféré rester ici", résume Agnès. En effet, 34 délégations se sont réparties dans la capitale pour se poster à des endroits stratégiques : Élysée, Matignon, ministère de la Santé, ministère de la justice… Dans l’après-midi, direction le Trocadéro où au total, 300 infirmières Asalée se sont rassemblées. "On est venu parce qu’on avait envie d’interagir, de discuter et de poser des questions", poursuit l’infirmière, originaire de l’Ardèche.
Des questions qui sont pourtant restées sans réponse. Car cela fait deux mois que les infirmières Asalée ne perçoivent plus aucun salaire. Le 24 mars, devant l’Assemblée nationale, l’actuelle ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a assuré que les salaires devraient être payés "très rapidement". "Les moulins à vent, vous connaissez ?", s’amuse Didier. Derrière le sourire, l’infirmier de 65 ans ne cache pas sa colère : "Vous en connaissez beaucoup des salariés qui ne sont pas payés pendant deux mois et qui continuent quand même à travailler ? On est privé de ressources mais on a toujours nos charges à payer. On fait comment ?"