"Le temps, c'est une denrée qui est de plus en plus précieuse. Et aujourd'hui, c'est un luxe que la profession n'a pas." D'entrée de jeu, Pierre-Olivier Variot a donné le ton, lors de conférence de presse qui s’est tenue hier. Car le président de l'Union des syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo) compte s’opposer "à la tacite reconduction à la Convention nationale avant le 10 octobre de cette année", a-t-il détaillé, assurant que son conseil d'administration l’a décidé "à l'unanimité" et qu’il en a déjà notifié la Cnam et le ministère le 9 septembre dernier. 

Il s'en est d'ailleurs amusé, assurant qu’à la suite de cette annonce, il aurait reçu un certain nombre d'appels dans la journée. "D'un seul coup, on a retrouvé mon numéro et j'ai eu beaucoup de coups de fil de tout le monde me disant : ‘Mais on ne comprend pas ce qui se passe’ et nous avons commencé à discuter", sourit-il en faisant référence aux réunions sur le changement du mode de rémunération et sur un avenant plus technique de juin dernier avec la Cnam et toutes les directions du ministère de la Santé et qui n'ont débouché sur… rien. Cette fois-ci, la lettre de cadrage du ministère est arrivée en 24 heures.  

 

Un coup de pied dans le ministère

Si "Concours pluripro" - comme les autres médias - n’a pas pu consulter ladite lettre de cadrage, en dépit de nos demandes auprès du ministère, Pierre-Olivier Variot en a dévoilé les grandes lignes : "conclusion rapide" d'un nouvel avenant à la convention avec "le renforcement et la consolidation de l'engagement des pharmaciens dans les différentes missions de santé publique", intégration dans le droit commun du dispositif "Orientation dans le système de soins" (Osys), renforcer l'accompagnement des patients atteints de pathologies chroniques, notamment ceux atteints de diabète de type 2, mais aussi prévention sur le facteur de risque cardiovasculaire (inscrit dans l'avenant 2). 

La lettre de cadrage contient aussi un volet sur l'engagement de travaux préparatoires - en parallèle de cette négociation - à une réforme plus structurelle du modèle économique officinal se basant notamment sur "les suites du rapport Igas-IGF""J'ai aussi demandé un délai de 15 jours pour me donner un calendrier de négociation avec une date de début et un engagement sur une date de fin", révèle Pierre-Olivier Variot. Pour l'heure donc, une des deux garanties réclamées par l'USPO – à savoir la lettre de cadrage – a été déposée, la seconde, celle du calendrier et d'un calendrier de négociations, se fait toujours attendre. "La balle est dans son camp [Stéphanie Rist]", insiste le président de l'Uspo. 

 

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