Il vient "combler un trou", assure le Pr Michel Varroud Vial, conseiller coopérations interprofessionnelles à la DGOS. Car ce nouveau protocole "Coopération entre médecins et infirmiers pour la prise en charge à domicile des patients âgés ou en situation de handicap et en difficultés pour se déplacer aux cabinets des médecins", publié au Journal Officiel ce jeudi matin, va permettre aux infirmières de prendre en charge, en lieu et place du médecin, ce public éloigné des soins.

Un nouveau protocole de coopération qui va donc permettre "un suivi interprofessionnel et coordonné" de ces patients entre médecins et infirmières libérales afin qu’ils puissent bénéficier d’une prise en charge adaptée à leurs besoins, "en toute proximité et sécurité". Il vise également à éviter et/ou à prévenir les situations qui pourraient amener une rupture de parcours, une décompensation de maladie chronique, et mener à une plus forte dépendance ou à une hospitalisation.

Le binôme médecin-infirmière, ce "maillon opérationnel ‘historique’ des prises en charge de proximité", étant renforcé, précise Michel Varroud-Vial, ce protocole permet de réduire la charge de travail des médecins traitants en termes de visite à domicile et donc à dégager du temps médical pour d’autres prises en charge. De plus, le plan personnalisé de soin pour le maintien à domicile du patient, établi conjointement par le médecin et l’infirmière, favoriser une approche centrée patient. Le binôme assurera également le suivi de ce plan de soin et procèdera "à des évaluations périodiques du patient, observé de façon holistique (organique, psychique et social)".

Quels patients et quels professionnels ?

Tout patient majeur en situation de handicap et tout patient de plus de 65 ans, "dont l’état de santé nécessite un suivi médical et qui ne [peut] pas se déplacer au cabinet médical", est concerné par ce protocole, dont peuvent se saisir les professionnels qui collaborent dans un cadre d’exercice coordonné : maisons et centres de santé, équipes de soins primaires et CPTS. "La structure d’exercice coordonné est en capacité de porter le protocole en termes d’outil, de temps de concertation, tarification et gestion de rémunération des professionnels de santé", précise l’arrêté.

Ce protocole peut être initié entre un déléguant – le médecin généraliste – et un délégué infirmier diplômé d’État, et mis en œuvre au cabinet du médecin traitant et/ou au cabinet de l’infirmière libérale ainsi qu’au domicile du patient.

Parmi les critères d’inclusion : les patients de plus de 65 ans ou patients majeurs présentant toute forme de handicap reconnu par la MDPH, à l’exclusion d’affection psychiatrique non stabilisée, et pour lesquels le médecin s’est déplacé au moins trois fois au domicile l’année précédente et/ou ayant un score modifié < 1 pour les déplacements sur l’échelle IADL (échelle "Instrumental Activities of Daily Living"), précise le décret. La vérification de ces critères d’inclusion doit être faite par le médecin traitant ou l’infirmière lors d’une consultation au domicile, d’une revue de dossier par le médecin ou lors d’un échange entre les deux professionnels.

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