"Chaque été, les épisodes de forte chaleur, comme ceux que nous connaissons depuis quelques jours, exercent une pression insoutenable sur le système de santé", écrit Jean-François Bouscarain, président de l’URPS Infirmiers Libéraux Occitanie dans une tribune partagée auprès d'InfOccitanie. Des services d'urgence saturés aux médecins de ville "en surchauffe", en passant par les proches aidants et les familles "désemparées", les vagues de canicule qui touchent le pays impactent directement la mise en place de soins complexes et/ou réguliers à domicile. "Les longs week-ends et, de surcroît, le pont de quatre jours du 14 juillet (du samedi 11 au mardi 14 juillet) concentrent tous ces facteurs", écrit l'infirmier libéral originaire de l'Hérault.

"Pourtant la réponse existe déjà, sur tout le territoire" : les infirmières libérales. "L'Occitanie compte plus de 13.000 infirmières et infirmiers libéraux qui interviennent 7 jours sur 7, week-ends et jours fériés compris", assure le président de l'URPS Infirmiers Libéraux de la région. Des professionnels de santé qui sont parfois, "les seuls professionnels de santé à se rendre au domicile, de jour comme de nuit". Un maillage "comme aucune autre profession n’est en mesure de la garantir".  Le problème : ce n'est pas la disponibilité des infirmiers libéraux mais plutôt "leur sous-utilisation au regard de leurs compétences", estime Jean-François Bouscarain. "Au domicile, l'infirmière et l'infirmier libéraux peuvent éviter un grand nombre d'hospitalisations évitables. Ils savent repérer la déshydratation du sujet âgé à l'aide de grilles d'évaluation validées et la corriger par hydratation sous-cutanée, une alternative simple, sûre, efficace et peu douloureuse et qui répond davantage aux attentes des familles qu’un passage aux urgences ou une hospitalisation. Mobiliser ce levier, c'est désengorger l'hôpital tout en soignant mieux, et au plus près des patients."

Alors, pour l'URPS, "ce qui manque aujourd'hui n'est ni la compétence, ni le maillage, ni l'engagement" mais "le courage politique de faire confiance aux infirmiers libéraux et de leur donner, au sein du SAS, les moyens de déployer la pleine étendue de leurs compétences à domicile", écrit son président. Car si l'Avenant 11 à la convention infirmière "a ouvert la voie", il faut désormais "l'appliquer sans timidité, et faire de l'aller-vers infirmier un pilier assumé de la permanence des soins estivale". Face aux longs week-ends et à la chaleur, "la question n'est plus de savoir s'il faut mobiliser les infirmiers libéraux, mais quand les institutions auront le courage de leur en donner pleinement les moyens."

Tribune initialement publiée sur InfOccitanie

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