Pour faire évoluer le modèle de la pratique avancée infirmière, il faut "sortir d’une logique d’ajout pathologie par pathologie, supprimer les listes restrictives et structurer les mentions autour des populations et des parcours de vie, en s’appuyant sur un socle commun de compétences cliniques transférables". Dans un communiqué publié ce jeudi, le Conseil national professionnel des infirmiers en pratique avancée (CNP IPA) et ses membres (Unipa, Anfipa, Cosipa et InterAripa)* affichent une "position commune" sur l’évolution nécessaire du modèle de pratique avancée.

Un communiqué qui fait suite à la découverte d’un texte "presque finalisé et prêt à être soumis pour concertation" qui propose d’ajouter une nouvelle pathologie – la sclérose en plaques – à la liste des IPA de la mention "Pathologies chroniques stabilisées, prévention, polypathologies courantes en soins primaires". "En juin dernier, lors d’une réunion – sur un tout autre sujet – avec les représentants des IPA (dont le CNP) et la DGOS, celle-ci nous annonce qu’il y aurait un projet d’ajout de la sclérose en plaques dans la liste restrictive des huit pathologies encadrant le champ d’intervention des IPA de la mention 'Pathologies chroniques stabilisées'", explique Julie Devictor, présidente du CNP IPA, à Concours pluripro. "Nous avons été interloqués ! Et la DGOS nous avait indiqué qu’il y aurait de nouvelles discussions sur le sujet… mais nous n’avons jamais eu de nouvelles de cette affaire". Or, il y a "deux jours", Julie Devictor apprend "qu’il y a eu en réalité pas mal de discussions entre la DGOS et les représentants des neurologues et une IPA sollicitée par ces derniers à titre personnel. En réalité, le projet est très avancé et les textes sont prêts à être soumis pour concertation."

Au-delà du problème de n’avoir convié "aucun représentant des IPA", cette problématique s’avère presque "secondaire", indique Julie Devictor : "Nous sommes favorables à la possibilité de suivre des patients atteints de sclérose en plaques, ou n’importe quel patient atteint d’une pathologie chronique. Car il n’y a pas plus de raison de se focaliser sur une pathologie plutôt qu’une autre. [Mais] nous ne comprenons pas cette volonté d’ajouter des pathologies à une liste restreinte alors que la pression du terrain est forte en ce qui concerne l’implantation des IPA."

 

"Une personne soignée n’est pas une pathologie"

D’autant que tout cela soulève également un autre problème, ajoute-t-elle : "La population ne sait pas ce qu’est que la pratique avancée. Avec cet ajout, nous pensons faire des IPA des spécialistes de pathologies, ce qui n’est absolument pas l’objet de la pratique avancée, d’autant plus que les quelques semaines d’enseignement clinique ne suffiront pas à faire des IPA des infirmières spécialistes sur neuf pathologies", affirme Julie Devictor. Sur son compte LinkedIn, l’infirmière en pratique avancée rappelle la "conviction collective" du CNP IPA et de ses membres : "la pratique avancée doit être organisée à partir des besoins de santé des populations.

 

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