"C'est très grave", déplore David Amiel, le ministre des Comptes publics à l'AFP. Ce vendredi, les députés ont rejeté la partie portant sur les recettes de la Sécurité sociale par 115 voix contre une. Une décision qui dégraderait le déficit à 24 milliards d'euros, estime le ministre. "On ne peut pas vivre dans une réalité virtuelle, a-t-il rajouté. On ne peut pas avoir d'un côté des taux d'intérêt qui flambent et ici, s'enfermer dans une quatrième dimension où les milliards pleuvent à flot."
Un rejet des "recettes" qui a coupé court aux discussions, une adoption étant nécessaire pour étudier ensuite la partie portant sur les dépenses. Alors que les groupes Renaissance, MoDem et Horizons se sont majoritairement abstenus, les autres groupes ont très largement voté contre. Car depuis mardi, les débats sont menés "sans enthousiasme", alors que tous anticipent l'utilisation de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution ou des ordonnances pour faire passer le texte dans les prochaines semaines. Bien qu'initialement les socialistes avaient accepté de voter pour une copie négociée, en échange notamment de la suspension de la réforme des retraites, cette fois, plusieurs députés ont indiqué qu'aucune négociation n'a réellement été engagée.