Station debout prolongée, déplacements répétés, port de charges lourdes, exposition à des environnements contraignants… Face aux conditions de travail "particulièrement exigeantes" des infirmières, qui peuvent favoriser le développement de troubles musculosquelettiques (TMS), "dont certains touchent directement le pied et la cheville", l'Ordre national des pédicures-podologues (ONPP) a rappelé, au Salon infirmier qui s'est tenu les 25 et 26 mars derniers à Porte de Versailles, le "rôle central" des pédicures-podologues dans la prévention et la prise en charge de ces troubles.

Car de nombreuses atteintes restent encore "peu visibles" aujourd'hui, précise l'Ordre dans un communiqué de presse publié ce vendredi. L'instance cite ainsi les métatarsalgies, les talalgies, les fasciites plantaires ou encore les tendinopathies d’Achille qui "entraînent des conséquences directes sur l’exercice professionnel, la qualité de vie et le maintien dans l’emploi". Analyse de la marche, soins de pédicurie, réalisation d’orthèses plantaires, conseils en chaussage… les pédicures-podologues peuvent aider à réduire les douleurs et à préserver la mobilité des infirmières dont les contraintes "sollicitent fortement l’ensemble de l’appareil locomoteur, avec des impacts encore trop peu pris en compte", ont souligné conjointement Éric Prou et Guillaume Brouard, président et secrétaire général de l’ONPP, lors du Salon infirmier.   


crédit : ONPP


Depuis plusieurs mois, le Collège national de pédicurie-podologie (CNPP) collabore avec la Fondation MNH et son délégué général, Philippe Denormandie, pour élaborer un rapport consacré à la prise en charge podologique des soignants hospitaliers. "Les premiers constats sont sans appel : les pathologies podologiques constituent une problématique de santé au travail encore insuffisamment reconnue", rapporte l'ONPP. Car "selon plusieurs études françaises et internationales, entre un tiers et plus de la moitié des [infirmières] et aides-soignants déclarent des douleurs du pied ou de la cheville, plaçant ces troubles au troisième rang des localisations de TMS"

Il est donc nécessaire, assurent l'Ordre et le Collègue national, d'intégrer "systématiquement" un dépistage podologique dans les visites de médecine du travail, de développer des programmes de prévention centrés sur le chaussage professionnel mais aussi de former les professionnels de la santé au travail "aux problématiques podologiques spécifiques aux professionnels du soin"

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