Leur démarche est commune. Le CMT France – association de personnes concernées par la maladie de Charcot-Marie-Tooth et les neuropathies assimilées –, l’Ordre national des pédicures-podologues (ONPP) et le Collège national de pédicurie-podologie (CNPP) ont engagé une "démarche conjointe" auprès de la Haute Autorité de Santé, du ministère de la Santé et de l’Union nationale des caisses d'assurance maladie "afin de faire évoluer le cadre de reconnaissance et de remboursement des soins podologiques liés à la maladie de Charcot-Marie-Tooth", précise un communiqué de presse commun publié hier.
Cette maladie rare, qui concerne "près de 50 000 patients en France", regroupe "un ensemble de neuropathies génétiques, sensitives et motrices, d’évolution progressive" et entraîne "des déformations orthopédiques, des rétractions musculaires et des atteintes neurologiques responsables d’une perte de sensibilité pouvant conduire à des plaies, voire à des complications graves telles que le mal perforant plantaire". Sans compter, un déficit moteur distal, une amyotrophie ainsi que des troubles de l’équilibre…
Et "à ce jour, aucun traitement médicamenteux curatif n’a démontré son efficacité ; la prise en charge repose sur une approche pluridisciplinaire associant suivi médical, rééducation et appareillage", poursuit le communiqué qui assure que le pédicure-podologue a "toute sa place" dans le premier recours et "la prise en charge coordonnée" de ces patients. Car celui-ci "intervient dès les premiers signes, tant dans le dépistage que dans la surveillance régulière des déformations et des troubles sensitifs" et permet de "prévenir les complications cutanées et mécaniques, à limiter l’aggravation des déformations, à améliorer la qualité de la marche et à réduire le risque de chute". De plus, les soins podologiques représentent un "levier majeur" de prévention.