"La pratique avancée n’est plus émergente mais entre dans une phase de consolidation, sans encore produire d’effet structurant majeur sur l’offre de soins." Dès les premières lignes du recensement 2025 - 2026 mené par l'Union nationale des infirmiers en pratique avancée (Unipa), le ton est donné. Dévoilé ce mardi, le rapport évoque un "flux de formation perfectible face aux besoins nationaux" avec 1.000 diplômés par an, le syndicat souligne cependant la nécessité d'aller plus loin et surtout, plus vite car à ce rythme, "la France n’atteindra pas les 10.000 - 15.000 IPA nécessaires d’ici 2030, malgré une croissance rapide depuis 2019".
Entre 2020 et 2025, le nombre de diplômés augmente de 534 %, avec un "pic historique" en 2025 (890 diplômés et 999 inscrits en M1) confirmant "l’accélération de la dynamique, bien qu’elle demeure encore insuffisante". Si trente-trois universités proposent au moins une formation IPA, et couvrent l’ensemble du territoire métropolitain et ultramarin, cette couverture masque cependant de fortes disparités : hétérogénéité des contenus pédagogiques, des modalités d’enseignement, des exigences académiques et surtout des mentions proposées selon les régions. Certaines promotions comptent moins de trois étudiants par mention et par université, posant des questions de viabilité pédagogique, d’équilibre financier et de qualité de formation à moyen terme.