"Il y a du lourd !" dans ce plan "ambitieux" pour les sages-femmes, s'est réjoui Caroline Combot, lors de la présentation du "Plan stratégique 2030 de la profession de sage-femme", le 10 février dernier dans le 12e arrondissement parisien. "Dans nos différentes rencontres avec des institutions, à chaque fois, on nous disait qu'on avance des principes, mais combien ça peut coûter ? Quel type d'économie la profession de sage-femme pourrait apporter ?", explique la présidente de l'Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF), qui a confié cette mission à Frédéric Bizard, économiste de la santé. Mais prévient-elle, "ce ne sont pas nos propositions mais [ses propositions] pour l'ONSSF… et ça tombe bien parce qu'on est en accord."

Évolution de la formation initiale, des compétences, des missions (de soins, de santé publique, de recherche, d'enseignement)… "Valoriser la profession de sage-femme n’est pas une revendication corporatiste : c’est un impératif de santé publique et un choix stratégique pour la nation", poursuit-il. Car "le destin des sages-femmes est intimement lié à celui de la santé des femmes, à la protection de la mère et de l’enfant, à notre capacité collective à répondre aux défis du redressement de la natalité, et plus largement à la soutenabilité et à la performance de notre système de santé". D'où les leviers identifiés dans ce plan stratégique pour permettre à la profession "de trouver, d’ici à 2030, la place, la reconnaissance et les moyens nécessaires pour exprimer pleinement son potentiel". Notamment en lien avec les trois principales transitions que connaît notre système de santé : transition démographique, chronicisation des pathologies et hyper-révolution technologique.  

En chiffres

La démographie "la plus dynamique des professions médicales"

Avec une hausse en effectifs de "2.6% par an depuis 2012" [contre +0,8% pour les médecins], une moyenne d'âge de "40,9 ans", une majorité de femmes ("97%") et une augmentation du nombre d'étudiants ("+960 par an entre 2016 et 2020" et "+1.040" aujourd'hui), la démographie des sages-femmes est "la plus dynamique des professions médicales", précise Frédéric Bizard : de 14.862 en 2020 à 25.760 en 2025. L'an dernier, 54% des sages-femmes exerçaient à l'hôpital (contre 26% en libéral et 10% en exercice mixte) mais "depuis 2010, on observe une fuite du salariat hospitalier vers le libéral", précise l'économiste de la santé. A contrario, on observe un "effondrement" des effectifs des gynécologues médicaux "après la suppression de la spécialité" de 1984 à 2023, ainsi qu'une baisse de 11% du nombre de gynécologues entre 2010 et 2025… 

 
Face à la baisse de la natalité depuis 2010 (-22%, soit 802.224 en 2010 à 660.800 en 2024), la dégradation des indicateurs de mortalité infantile (4,1 décès pour 1.000 enfants nés vivants en 2024), la "prise de conscience politique et scientifique des spécificités de la santé des femmes", les sages-femmes constituent "un levier incontournable pour une reprise en main positive de la situation", assure l'économiste. 

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