Moins de fraudes "isolées", plus de fraudes "organisées". C'est ce qu'a constaté l'Assurance maladie dans son bilan 2025 de lutte contre les fraudes. Publié hier, le document fait état 723 millions d’euros d'escroquerie en 2025, soit une hausse de 15% par rapport à 2024. "Ce résultat, supérieur à l’objectif fixé de 550 M€, reflète la montée en puissance des dispositifs de prévention et de détection, ainsi que l’efficacité des actions engagées", assure la Cnam qui reconnait "la nécessité d’une mobilisation continue face à de nouvelles menaces caractérisées par des stratégies d’envergure, déployées par des fraudeurs 'professionnalisés'". 

Bien que plus de la moitié (53%) des fraudes soient commises par les assurés, notamment via des arrêtes de travail ou des fraudes aux droits, elles ne concentrent que 16 % des montants seulement, "soit environ 115 M€". À l’inverse, celles commises par des professionnels de santé libéraux "dont les centres de santé concentrent près de 3/4 des montants pour 28 % des cas", regrette l'Assurance maladie. "Certains acteurs totalisent à eux seuls des montants particulièrement élevésnotamment les centres de santé (138 M€)". Dans ce montant, la moitié du préjudice (68,9 M€) a toutefois "pu être stoppé avant paiement". Ces "professionnels" surfacturent des soins voire en inventent, avec des techniques qui empruntent de plus en plus fréquemment aux réseaux de criminalité organisée. "Une partie des montants les plus significatifs provient d’acteurs qui ne sont pas issus du monde de la santé et qui exploitent le système de santé à des fins financières, avec des stratégies de fraudes délibérées et systématisées à grande échelle", révèle l'Assurance maladie.  

source : Assurance maladie 

José-Manuel Montull, chef de l'Office contre le travail illégal (OFCLTI), témoigne auprès de l’AFP de cette "industrialisation" de la fraude sociale. Entre 2021 et 2024, "on avait des centres de santé avec une offre de soins réelle, mais des surfacturations ou facturations d'actes fictifs". "En 2025, on a plutôt vu des réseaux d'escrocs" créant des centres de santé "100% fictifs" et "jouant sur la vitesse" pour extorquer des remboursements de soins.  

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