En 2024, la mortalité infantile concernait 4,1 décès pour 1.000 naissances vivantes. Un taux qui "ne diminue plus depuis 2015 en France", révèle le Collège national des sages-femmes de France (CNSF) dans un rapport publié le 17 mars dernier. Sans compter que "la mortalité maternelle, bien que rare, reste évitable dans 60 % des situations ; 272 décès maternels ont été recensés entre 2016 et 2018". Des chiffres qui montrent "les limites" d’une organisation "qui peine encore à prévenir tôt, à repérer les vulnérabilités, à coordonner clairement les acteurs et à adapter les réponses aux besoins réels des co-parents".

Alors pour "agir et engager une réforme ambitieuse de la périnatalité en France", le CNSF propose, dans ce rapport issu d'une "large concertation" menée en interne et auprès d'associations adhérentes, de réorganiser le système périnatal, dont les "fragilités" actuelles ont largement été démontrées dans "plusieurs rapports". Six axes ont été identifiés pour décliner cette orientation "en leviers opérationnels" concernant la prévention anténatale, le parcours anténatal, le postpartum, les lieux de naissance, la coordination territoriale et la profession de sage-femme. La recommandation centrale est "de déplacer le centre de gravité de la politique périnatale : passer d’une organisation encore largement structurée autour de l’accouchement et de la gestion du risque à une organisation fondée sur le parcours complet, depuis le projet de grossesse jusqu’au post-partum, avec une gradation plus lisible des prises en charge et une responsabilité de coordination mieux identifiée"

Des parcours "bas risque", "à risque" et "pathologique"

La périnatalité "doit être organisée à partir de ce qui constitue la réalité la plus fréquente du parcours : des grossesses majoritairement physiologiques, qui nécessitent avant tout un accompagnement précoce, continu, gradué et coordonné", juge le CNSF, qui souligne que les sages-femmes jouent un rôle clé tout au long du parcours des femmes et des familles car "environ 70 % des accouchements sont réalisés par des sages-femmes, tandis que 80 % des grossesses relèvent du bas risque"

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