Sa fonction tient en trois lettres : ROC, pour référent des organisations coordonnées, un poste que Carine Arcelin occupe depuis janvier 2019, du côté de Metz dans le Grand Est, et pour lequel cette ancienne déléguée de l’Assurance maladie, issue d’un service en charge de gestion du risque à la CPAM de Moselle, a dit "deux fois oui" : "À l’époque, je sentais que j’avais fait un peu le tour de ce poste et compte tenu de mon profil de référente sur les maisons de santé pluriprofessionnelles, cette ouverture sur l’exercice coordonné que proposait le métier de ROC était quelque chose qui m’intéressait."

L’idée de ce nouveau métier émerge en 2018, au moment où l’exercice coordonné commençait "à prendre différentes formes, explique Sandra Bidegaray, sous-directrice à la direction de l’accompagnement des offreurs de soins de la Cnam. Nos équipes étaient composées de métiers spécifiques – délégués Assurance maladie, délégués numérique en santé, praticiens-conseils, référents établissements, etc. –, mais nous n’avions pas vraiment de personne en capacité de suivre l’évolution de tous ces projets d’exercice coordonné. Et sans vision globale et sans approche territoriale, on risquait de mal mailler le territoire." D’où l’idée de ce référent des organisations coordonnées et "d’une mission dans la fonction", poursuit-elle : "Au début, ce n’était pas un poste à temps plein… parce que tout cela débutait et on ne savait pas à quelle vitesse l’exercice coordonné allait se développer. Et nous n’avions pas d’effectifs supplémentaires pour prendre en charge cette mission." Sur le terrain, "on entendait parfois qu’on était trop descendant, trop donneur de leçons, trop contrôleur…", et les porteurs de projets avaient l’impression d’avoir "trop d’interlocuteurs", se souvient celle-ci. La Cnam crée alors un parcours de professionnalisation afin d’en faire un métier à part entière. Le ROC naît donc, un "binôme médico-administratif à l’écoute des porteurs de projets de chaque département".

Identifier les initiatives des territoires, organiser la promotion de l’exercice coordonné auprès des professionnels de santé en favorisant l’émergence des projets, analyser les diagnostics territoriaux et contribuer à l’enrichissement des projets, développer le travail en réseau… Autant de missions que doit remplir le ROC, en lien avec les fédérations, les ARS ou encore les URPS.
 

Nom de code : ROC

Un métier qui, deux ans après sa création, reste largement méconnu pour une bonne partie des professionnels de santé interrogés aux congrès de la Fédération des CPTS et des Journées nationales de médecine générale (JNMG). Ce que concède Sandra Bidegaray : "Souvent, ils connaissent le ROC de leur territoire mais sans l’identifier en tant que tel. Parce que le référent, qui occupe également une autre fonction, ne s’est pas présenté comme tel… Certains territoires les nomment animateurs territoriaux." Un défaut d’identification moindre lorsque le ROC exerce son métier à temps plein sans cumul d’autres fonctions, glisse-t-elle. Une difficulté de "visibilité" que ne rencontre pas Carine Arcelin, bien qu’elle ressente le besoin de détailler à chaque nouvel interlocuteur : "Je suis ROC et je suis en charge du déploiement des équipes de soins primaires, MSP et CPTS…"

Si la Cnam mise sur l’équation "1 ROC pour 1 CPAM"; la Moselle étant le deuxième plus gros département du Grand Est, Carine Arcelin s’est rapidement retrouvée sous l’eau : "Quand les projets d’exercice coordonné ont afflué, notamment pendant la crise sanitaire, il a fallu maintenir l’accompagnement des projets. J’étais seule à la manoeuvre et très vite, j’étais noyée. On avait alors une dizaine de MSP et une seule CPTS, et je savais qu’une fois le dispositif déployé sur l’ensemble du département, il faudrait être plus nombreux pour accompagner proprement les porteurs." Une alerte "en anticipation" qui a été entendue, car depuis février dernier, Carine Arcelin fonctionne en binôme avec une collègue "pour diviser administrativement le département" : si l’une se charge de la partie est de la Moselle, l’autre se concentre sur la partie centrale et nord.
 

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