Parce que "la santé des femmes et des nouveau-nés ne peut être pensée à partir d’oppositions de principe entre professions", le Collège national des sages-femmes de France (CNSF) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (Cngof) ont décidé de s'associer "pour améliorer la santé périnatale en France", assurent-ils dans un communiqué commun publié ce lundi. "Alors que le chantier sur la périnatalité lancé par la ministre de la Santé a donné lieu à des prises de position syndicales contradictoires", ces deux sociétés savantes – qui visent à "éclairer le débat par des positions médicalement fondées sur des données scientifiques ainsi que par leur connaissance des territoires et des diverses réalités de terrain" – insistent sur la "collaboration indispensable" entre les professions de sage-femme et de gynécologue-obstétricien. 

Cette "synergie fondée sur la complémentarité" étant à la fois un "gage d’efficience" et un "facteur déterminant de la qualité, de la sécurité et de l’accès aux soins", le CNSF et le Cngof insistent : "une organisation des soins en silo, quelle qu'en soit l'origine, constituerait un danger pour les femmes et les familles".

Tout en rappelant que la mortalité périnatale est en hausse en France et que les décès maternels "restent majoritairement évitables", tous deux assurent que "ces mauvais résultats ne sont imputables à aucune profession" mais sont "la conséquence d’une dégradation de l'organisation des soins périnatals (…) que ce soit en termes de coordination ou de prévention des risques". Une situation contre laquelle les sociétés savantes de la périnatalité "alertent" les pouvoirs publics "depuis plusieurs années, sans qu'aucune action structurelle n'ait été mise en œuvre à ce jour", déplorent-ils.

Le CNSF et le Cngof reconnaissent "le libre choix du praticien [comme] un droit inaliénable" – que ce soit un médecin généraliste, un gynécologue-obstétricien, un gynécologue médical ou une sage-femme – mais plaident pour une évolution de la gradation des soins "fondée sur l’évaluation de facteurs de risque clairement identifiés par la littérature scientifique". Sans compter que "dans un contexte de forte tension démographique (…), l'efficience du système de santé doit reposer sur un recours pertinent à chaque expertise médicale, en se fondant notamment sur la complémentarité et la collaboration étroite entre sages-femmes et obstétriciens". Cette collaboration "interprofessionnelle structurée" est essentielle "pour éviter tout retard de prise en charge", assurent-ils.

Dès lors, les deux sociétés savantes comptent solliciter "ensemble" la HAS, pour collaborer à la mise à jour des recommandations relatives au suivi et à l’orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées, "comme cela avait déjà été fait il y a 10 ans", précise le communiqué de presse. Elles souhaitent aussi "encourager une classification des maternités en fonction du risque maternel, et plus seulement du risque périnatal" et s'engagent à travailler "conjointement" à l'amélioration de la santé des femmes, des nouveau-nés et des familles, tout en en associant à leurs réflexions, les autres sociétés savantes de la périnatalité. 

Parce que "l'organisation des soins partagés en périnatalité doit répondre aux attentes des femmes et des familles, s'adapter à l'évolution des profils de risque et garantir, en toutes circonstances, la qualité et la sécurité des soins", le CNSF et le Cngof en sont convaincus : "Toute réorganisation durable de la périnatalité en France devra nécessairement s'appuyer sur les positions médicalement fondées, élaborées par les sociétés savantes".  

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