Article publié dans Concours pluripro, mars 2026

À Râches (Hauts-de-France), à quelques mètres de l’église, l’ancien presbytère a retrouvé vie. Depuis juillet 2024, derrière des murs de briques, une maison de santé reçoit une patientèle qui, il y a encore peu, ne savait plus vers qui se tourner car "début 2023, il ne restait plus qu’un médecin de 72 ans", se souvient Sylvain Duriez, médecin généraliste. Le nom et la dynamique de la MSP, eux, sont plus anciens. C’est sur l’autoroute en direction de Saint-Malo, pour aller aux Rencontres nationales d’AVECsanté 2023, que le projet pointe le bout de son nez. "On était quatre dans la voiture. On parlait déjà d’un projet de maison de santé. Et puis on s’est dit : 'Pourquoi pas nous ?'" Pour passer le temps, ils cherchent un test de personnalité en ligne. Ce sera celui des animaux totems, que trouve Clotilde Messier, médecin généraliste. Le cerf, le paresseux, la raie, l’aigle... Les résultats tombent et restent. "Quand on a lancé la maison de santé, on s’est dit que ça allait être la MSP des Totems." Le noyau dur devient "les Totemous".

Sur les murs des locaux, les tableaux peints par François Duponchelle, IPA, donnent vie à cette identité. "François est très 'artistique', il a fait un tableau totem pour chaque membre de l’équipe." Le cerf de Sylvain revendique "la bienveillance, le respect, l’affirmation de soi et l’équilibre". Dans les paresseux, Blandine Vinet et Clotilde Messier, généralistes, se reconnaissent dans "la générosité, l’altruisme, l’observation, la clairvoyance". La raie de François, elle, serait "prudente, sensible et émotive… élégante, artistique". L’aigle de Gaël Boulanger, coordinateur, incarne "la liberté, la vision, la capacité à prendre les devants". Et les internes sont "totemisés à leur arrivée", s’amuse Clotilde Messier.

"Totemous" et "Totem Ordo"

Derrière l’anecdote, l’histoire d’une collaboration engagée sur le territoire depuis 2019 via la CPTS Pévèle du Douaisis. "Un jour, on a décidé de recréer une nouvelle dynamique pluripro ici, à Râches." Le projet de santé est rédigé début 2024, validé en juin. En attendant la rénovation d’un bâtiment situé "à 200 m, de l’autre côté de l’église", l’équipe loue le ­presbytère à la mairie. L’installation définitive est envisagée "mi-fin 2026".

Les patients, eux, n’ont pas attendu. "Ils sont très contents", complète François Duponchelle. Les premiers jours, "c’était à chaque fois des remerciements. Ils disaient qu’ils avaient de la chance de nous voir arriver." Le nom ­intrigue parfois : "Surtout avec les tableaux, ils disent : 'Mais c’est quoi, ça ?'"

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