Parce que "construire un bâtiment ne crée pas des soins", parce que "chercher 'un médecin' ne suffit plus", et parce qu'"il est temps de changer de méthode", AVECsanté a publié hier une brochure à destination des maires et candidats aux municipales 2026. Objectifs : "sortir du réflexe immobilier, dépasser l’approche médico-centrée et investir dans les équipes avant les briques", assure la fédération nationale. Car trop souvent, face aux difficultés d'accès aux soins – "préoccupation majeure des habitants" –, les élus locaux ont les mêmes réflexes : "chercher des médecins et construire un bâtiment neuf dans l’espoir de les attirer, pensant créer 'une maison de santé'". Or, "cette approche centrée sur une seule profession et sur l’immobilier est erronée", assure-t-elle. Car ce que vivent aujourd’hui des millions de Français," ce n’est plus seulement une désertification médicale, c’est un désert de santé", sans compter que "les nouvelles générations de professionnels recherchent un travail en équipe, avec un équilibre de vie". Dès lors, insiste-t-elle, les maisons de santé pluriprofessionnelles sont "une solution" à ces problématiques… à condition "que ce ne soit pas qu’un bâtiment". 

Qu'est-ce qu'une maison de santé ? Comment éviter les écueils d'une approche uniquement immobilière ou trop médico-centrée ? Quels sont les retours d’expérience des territoires ? En un peu plus d'une dizaine de pages, AVECsanté détaille ce qui fait la réussite d'un projet de MSP, l'équipe "solidaire" qui la porte ainsi que les conséquences positives qu'elle a entrainées.  
 

Ainsi, pour développer une équipe de santé sur sa commune et "s’assurer un projet d’avenir pour sa population", le maire doit privilégier "l'équipe avant les briques !", assure AVECsanté. Une équipe à qui il faut donner des leviers pour soigner les habitants. Comment ? En mettant à disposition des locaux adaptés après la constitution de l’équipe, en facilitant les démarches administratives et d’urbanisme ou encore en soutenant la logistique et la communication locale. 

À l'exemple de ce qui s'est mis en place en Nouvelle-Aquitaine, cite la brochure : "La commune a investi dans un bâtiment neuf et attractif. Malgré cela, seuls deux professionnels s’y installent durablement. Plusieurs cabinets restent vides, les médecins partent ou ne viennent pas. L’accès aux soins ne s’améliore pas et les habitants continuent à chercher un médecin traitant ailleurs." Dès lors, les élus opèrent un changement de stratégie : "arrêt du 'tout immobilier' et appui à une dynamique collective (organisation du travail, entraide, conditions d’exercice attractives)". Résultat : une "reconnaissance politique claire du rôle des soignants comme acteurs de la commune, et non comme simples occupants de locaux". Et pour les habitants : arrivée de nouveaux professionnels de santé, amélioration de l’accès à un médecin traitant, meilleure continuité des soins, image positive du territoire… Sans compter que "soutenir une équipe coûte moins cher politiquement et financièrement que gérer un bâtiment vide", assure-t-elle. 

La maison de santé comme "outil de politique locale, pas seulement un projet médical", des équipes "reconnues et organisées" pour une commune "plus attractive et mieux protégée face aux difficultés d'accès aux soins", un partenariat pérenne entre élus et professionnels de santé "chacun dans son rôle, au service de la population"… Autant de leviers pour structurer la santé de proximité, insiste AVECsanté – notamment en s'appuyant sur ses fédérations régionales. Une santé de proximité qui "ne se décrète pas" mais qui "se construit collectivement, dans la durée, au service des habitants et de l’avenir de la commune"

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