"Les gens comme moi, sans véhicule, se retrouvent sans médecin et avec parfois de lourdes pathologies, confie une patiente de la maison de santé de Graulhet (Tarn) à nos confrères de La Dépêche. Nous nous retrouvons devant le fait accompli, impuissants, sans savoir vers qui nous tourner. C'est inadmissible." Comme elle, ils sont plus de 400 à perdre leur médecin traitant. Dans un courrier adressé aux patients le 15 juin dernier, la directrice du centre hospitalier de Grauhlhet, porteur de la maison de santé, informe que les deux médecins généralistes arrêteront les consultations les 30 juin et 31 août. "Le secrétariat est devenu le bureau des larmes et des pleurs", raconte une riveraine.

Pourtant, ce modèle de maison de santé soutenue par un hôpital semblait avoir redonné vie au territoire. "Dans un contexte local de fragilité de l'accès aux soins, l'établissement avait souhaité proposer une réponse de proximité, quasi unique dans la région, afin d'apporter une solution concrète à la population", détaille le centre hospitalier. En 2024, l'État, l'ARS et la municipalité s'étaient engagés "à soutenir le territoire et renforcer l'offre de santé", en finançant et pérennisant un poste de médecin généraliste, un poste de secrétaire médicale "dans le cadre du FIR" et à financer un poste de coordinateur du CLS "à 50%". Une volonté et des moyens qui n'auront, semblent-ils, pas suffit.

"Nous nous retrouvons devant une lettre nous informant simplement de leur départ. Pas d'explication. Pas d'excuse. Pas de liste de médecins. Pas d'aide quelconque, déplore un retraité dans un courrier adressé à Emmanuelle Buisson, directrice du site du centre hospitalier de Graulhet. Juste venir avec une clé USB pour récupérer ses informations médicales. Il faut avoir peu de scrupules pour laisser sans médecin plusieurs centaines de patients. Une honte, un irrespect total des Graulhétois, une impolitesse flagrante."

Bien qu'une annonce ait été diffusée pour un poste de praticien contractuel, "dans une cité tarnaise audacieuse et vivante où la douceur des rives du Dadou se mêle à l'énergie créative d'une ville de caractère", le centre hospitalier n'a pas trouvé de remplaçant et la maison de santé n'a désormais plus de médecin généraliste.

[Avec La Dépêche

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