C'est un lieu de proximité. Créée en 2013, la MSP Pyrénées-Belleville (Paris XXe ) est implantée dans un quartier défini "de veille active" par la politique de ville, explique Marie Karsenty, coordinatrice du Pôle de santé des Envierges, lors d’une présentation aux Journées nationales d’AVECSanté en mars dernier à Lille. La population est confrontée à plusieurs facteurs de vulnérabilité sociologique et économique, alors que la densité en médecins généralistes et en paramédicaux est inférieure à la moyenne nationale, décrit-elle. Une zone classée zone prioritaire en termes d’accès aux soins.

Lire aussi l'article : Mineurs isolés : 10% des consultations dermato liées à des brûlures par gaz lacrymogène

Le quartier regroupe près de 40 000 habitants : une population vulnérable, à faibles revenus (36% de logements sociaux), jeune (23% de moins de 20 ans) et composée pour 26% d’immigrés (contre 11% pour Paris), précise le site de la MSP. Les indicateurs de précarité y sont élevés. Ainsi, les ménages vivant sous le seuil de pauvreté sont près de 2 fois plus présents qu’à l’échelle parisienne, le taux de mortalité précoce est supérieur dans les quartiers du Nord-Est parisien que dans l’ensemble du territoire parisien, les enfants et les femmes sont particulièrement touchés : suivis de grossesse plus tardifs (taux de prématurité supérieur à 7%), caries dentaires non soignées (44 % des élèves contre 26 % à Paris), problématiques relatives à l’obésité et au diabète, saturnisme, tuberculose… Le projet de santé s’articule autour de trois thématiques : coordination des soins (staffs pluriprofessionnels mensuels et contacts réguliers avec les membres du Pôle de santé des Envierges), accès aux soins ("accueil inconditionnel" de tous patients, soins non programmés quotidiens, médecins en secteur 1 et convention CPAM pour les infirmières, tiers payant), mais également lutte contre les inégalités sociales de santé (actions centrées sur les besoins des patients les plus pauvres).

Donner plus aux CSP-

Treize ans, c’est la différence d’espérance de vie d’un enfant à la naissance selon le niveau de revenus de ses parents, a précisé Mady Denantes, médecin généraliste au sein de la MSP. "L’idée, c’est d’agir sur les inégalités sociales de santé qui, contrairement aux inégalités de santé, sont des inégalités évitables, affirme-t-elle. Ces inégalités sociales de santé traversent toute la société. Par exemple, le risque de ne pas être à jour de ses frottis est multiplié par deux chez une femme ouvrière par rapport à une femme cadre. Notre impératif est de donner plus aux CSP-."

La suite de cet article est réservée aux abonnés.
Pas encore de compte? Inscrivez-vous
RETOUR HAUT DE PAGE