Article publié dans Concours pluripro, juin 2022

  

En quoi cette expérimentation représente une "rupture" avec le schéma actuel ?
C’est une rupture sur le plan économique car on est dans une perspective de pérennisation du financement de ces structures, notamment à travers l’entrée dans le droit commun d’une partie de leur activité qui ne bénéficiait, jusque-là, que de financements ponctuels. On va donc sécuriser leurs financements pour leur permettre de faire des recrutements, de s’engager dans des projets à moyen ou long terme…

C’est aussi une rupture conceptuelle car on porte un modèle d’organisation des soins différent, qui ne fait pas appel à des professionnels de santé mais à des professionnels qui contribuent aux soins. Car faire appel à ces professionnels, qui partagent le même référentiel socioéconomique que le public ciblé, ça permet de lutter contre le non-recours aux soins… à condition, évidemment, de les former ! Comme ce public ne recourt pas aux soins, tel que le système est organisé aujourd’hui, il faut des gens qui jouent les intermédiaires, qui les mettent en confiance et s’adaptent à leurs blocages pour les faire entrer dans un parcours de soins durable.

Vous avez reçu plus d’une cinquantaine de candidatures. Cela vous a surpris ?
On ne s’y attendait pas, surtout qu’à l’époque, nous étions en pleine crise Covid. Ce que ça démontre ? Tout simplement qu’on va dans le bon sens et que cela correspond à une vraie attente du terrain. En levant ce frein au financement pérenne, on fait arriver plusieurs personnes vers ce modèle. Et dès lors qu’on passera dans le droit commun, il y aura un vivier de structures et de professionnels prêts à s’engager, et ça c’est plutôt bon signe.
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Sur les vingt structures entrées dans l’expérimentation en mars dernier, combien étaient déjà engagées dans cette démarche ?
Elles n’avaient pas le même degré de maturité mais avaient toutes déjà lancé une réflexion sur ce sujet. C’était d’ailleurs l’un des critères de sélection pour tester la qualité du modèle économique. Et on a retenu les structures qui avaient les démarches les plus matures : certaines avaient déjà commencé à financer des interprètes ou des médiateurs, alors que d’autres attendaient ces financements pour mettre en œuvre des actions.

La démarche est-elle appelée à évoluer ?
Pour l’instant, elle est réservée aux structures situées dans des quartiers prioritaires de la ville ou des quartiers vécus, qui sont des déserts médicaux. On est donc en réponse à un manque d’offre de soins. L’idée, c’est de constituer des structures qui permettent de monter des projets et d’offrir une offre pérenne. Le principe de la démarche participative, c’est de demander aux gens sur quoi ils veulent qu’on travaille, quelles sont leurs priorités pour le projet de santé, quels sont les ateliers qu’ils voudraient qu’on monte…

 

L’idée, c’est de constituer des structures qui permettent de monter des projets et d’offrir une offre pérenne
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