Article publié dans Concours pluripro, juin 2022
 

Des situations ou circonstances très diverses sont susceptibles de compliquer l’accès aux soins de nombreux sujets. Cependant, et pour l’essentiel, ce sont la disponibilité et/ou l’accessibilité des professionnels de santé et surtout les freins de toutes natures (difficultés économiques, sociales, culturelles, etc.) que peuvent «expérimenter» les patients qui en constituent la plus grande partie.
Dans le périmètre restreint des pays de l’OCDE, différents gouvernements se sont attachés à traiter cette question de l’accès aux soins, en particulier des populations isolées ou défavorisées. Parmi eux, le Québec francophone, partie du Canada anglophone, peut revendiquer une antériorité, même si d’autres pays (Grande-Bretagne, Belgique et aussi les États-Unis) ont développé dans le même temps des initiatives du même ordre.

Au Québec, c’est dans le courant des années 1970 que sont apparus les centres locaux de services communautaires (CLSC), assurant un ensemble de prestations sociales et sanitaires. À l’instar d’autres termes comme "soins primaires" (encore souvent mal compris et dont l’usage reste quelquefois périlleux…), la santé "communautaire"* a été quelquefois suspectée, sinon décriée, et trop souvent mal connue. On s’accorde aujourd’hui sur son approche globale des questions de santé, incluant le social, l’éducatif et le culturel ; et une interpénétration forte entre une population territorialisée et un ensemble de professionnels, afin de mieux identifier ou répondre aux besoins de santé.

CLSC et médecine privée

En réalité, cette approche avait été développée tout au long des années 1960 par des équipes de terrain, militantes et très impliquées auprès de leurs populations de quartier. Cela, en particulier, a été le cas de la Clinique populaire communautaire de Pointe-Saint-Charles, proche du centre historique de Montréal. Aujourd’hui encore, son site internet permet d’apprécier l’ensemble des services offerts, dans la continuité des objectifs définis voilà plus de cinquante ans… Mais il s’agit d’une vision un peu "en trompe-l’œil".

En effet, les CLSC du Québec ont eu, tout au long de leur existence, à s’accommoder de la vive concurrence d’une médecine privée très dynamique. Bien plus, les réformes successives, portées par les ministres de la Santé québécois, en 2004 et 2015, ont limité l’autonomie et la capacité d’innovation sociale des CLSC en les regroupant dans des entités administratives constituées autour des établissements hospitaliers du secteur. Leur nombre est passé de près de 200 à 28, alors que les objectifs sont désormais ceux fixés par le ministère. Ainsi, l’apport des populations desservies à l’organisation des services de santé s’en est trouvé largement limité…

 

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