Il n'a pas hésité "trente secondes" à prendre part à la remise des récompenses du tout premier Prix national de la prévention en MSP, mis en place par AVECsanté pour valoriser les initiatives de terrain des maisons de santé. Car, assure Thomas Fatôme, "quand on met ensemble deux sujets absolument prioritaires pour l'Assurance maladie, que sont la prévention et l'exercice coordonné, évidemment ça fait sens". Sans surprise donc, concède le directeur général de la Cnam, le prochain rapport "Charges et produits", qui paraîtra fin juin, insistera, comme lors de l'édition 2025, sur le sujet de la prévention avec notamment des axes sur la santé à l'école, dans les territoires ultramarins… 

Ils étaient nombreux mardi après-midi au Sénat pour découvrir les lauréats des six catégories identifiées : Santé des soignants, Implication des usagers, Santé mentale, Lutte contre la sédentarité, Santé environnementale et Dynamiques territoriales. Sur les 44 projets émanant de 29 maisons de santé, évalués du 3 février et 31 mars derniers par un jury "indépendant et pluriprofessionnel", 6 projets – mais 5 MSP, l'une ayant remporté deux prix – ont été récompensés par AVECsanté et ses fédérations régionales. Objectif : "reconnaître l’engagement des équipes pluriprofessionnelles dans le champ de la prévention", "renforcer la visibilité du rôle des MSP dans les politiques de santé publique" et "contribuer à la diffusion de bonnes pratiques au service de la santé des populations", détaille Patrick Vuattoux, coprésident d'AVECsanté, contacté par Concours pluripro.  


crédit : AVECsanté 

 

Six catégories, six projets lauréats, cinq équipes de maisons de santé récompensées : 

> Santé des soignants : la MSPU LiB&Rance (Bretagne), pour son projet P(II)SES (Pauses) qui vise à prévenir l’usure professionnelle en agissant sur les dimensions physique, mentale et sociale, à sensibiliser les soignants à leur santé et à favoriser des temps de pause via des techniques de relaxation, le partage d’expériences et la pratique d’activité physique.

> Implication des usagers : la MSP Villers-lès-Nancy Clairlieu (Grand Est), pour sa convention citoyenne de santé et le développement de la prescription sociale en maison de santé. Le projet s’appuie sur une démarche participative, avec une recherche auprès de 36 habitants et une convention citoyenne ayant permis de définir des actions autour des déterminants de santé.

> Santé mentale : la MSP de Pagney (Bourgogne-Franche-Comté), pour son dispositif DisRéseauAdo qui, dans un contexte de hausse marquée de la souffrance psychique des adolescents, offre un accompagnement précoce, coordonné et de proximité aux jeunes et à leur famille. Il propose ainsi des ateliers de sociodrame et un accompagnement individualisé pour soutenir les adolescents en souffrance psychique.

> Lutte contre la sédentarité : la MSP de Port-de-Lanne (Nouvelle-Aquitaine), pour son challenge "Bouge ton corps" qui réintroduit la marche dans le quotidien de patients sédentaires ou chroniques : un défi de quatre semaines avec des patients équipés de podomètres, organisés en équipes de trois, autour d’un professionnel de santé-coach.

> Santé environnementale : la MSPU LiB&Rance (Bretagne), pour son projet de prescription et de délivrance écoresponsable des traitements inhalés. Objectif : réduire l’impact environnemental de ces traitements tout en garantissant leur efficacité et sensibiliser les patients à l’écoresponsabilité des soins. Un projet qui s’appuie sur des pharmaciens, des médecins généralistes et des infirmières libérales pour la sensibilisation et l’éducation thérapeutique.

> Dynamiques territoriales : la MSP Simone-Veil (Bourgogne-Franche-Comté), pour son projet sur la santé des jeunes de l’aide sociale à l’enfance. Déploiement d’actions de prévention en santé adaptées, accès facilité à des consultations individuelles, bilans annuels médicaux et bucco-dentaires... En proposant des actions de prévention ciblées, le projet vise à garantir un accès aux soins adapté à ces enfants, en tenant compte de leurs besoins spécifiques.


"Être une maison de santé sans prévention, c’est comme être une maison de santé sans coordination, sourit Patrick Vuattoux. La prévention a toujours été présente au sein de projets de santé des maisons de santé. Ce n’est pas un hasard. Depuis toujours, le fait d’exercer en pluripro ouvre d’autres horizons, dont celui de la prévention, et permet d’anticiper au maximum la prise en charge des patients pour leur éviter d’entrer dans la maladie." 

Récompensés au Sénat, sous le parrainage d’Élisabeth Doineau, sénatrice de la Mayenne et rapporteure générale de la commission des Affaires sociales, les six lauréats sont porteurs d’action de terrain applicables "partout" en faisant cas de respecter "des spécificités locales". "C’est le principe de la capitalisation, résume Patrick Vuattoux. Plus les maisons de santé avancent, plus elles ont des repères solides. La prévention fait partie des piliers du projet de santé et si les équipes s’ouvrent vers les usagers, les acteurs locaux, les institutionnels… alors la prévention progressera." 

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