Vous avez mené, au sein de l'Institut fédératif d’études et de recherches interdisciplinaires santé société (Iferiss) de Toulouse, une recherche sur La Case de santé. Pourquoi ce centre de santé communautaire vous intéresse-t-il ?

La raison essentielle tient à l’originalité fondamentale et à la nécessité absolue dont fait preuve cette association dans un contexte de pandémie et de grande pauvreté. Le propre de l’Iferiss étant d’analyser les inégalités sociales de santé, l’étude de La Case de santé s’imposait donc. En effet, avec cette structure innovante et dynamique, Toulouse possède un formidable outil qu’il convient de valoriser et de soutenir tant ses activités relèvent d’un service public rendu à la population en matière de santé - envisagée dans sa définition la plus large. Le retrait de la puissance publique de nombreux secteurs sociaux (en premier lieu la santé) rend indispensable la mobilisation associative pour tenter de garantir, voire de sauvegarder, une forme d’égalité de droits et de traitement entre tous.

Il est d’autant plus indispensable d’en rendre compte à l’échelle de La Case de santé de Toulouse que cette organisation en inspire de nombreuses autres qui se développent en France et qui la prennent objectivement pour modèle et référent. Enfin, il est également urgent d’analyser sociologiquement ces centres de santé communautaires car ils demeurent extrêmement fragiles et peuvent voir leur existence remise en cause à tout moment.

Quelle est la particularité des centres de santé communautaires français ? 

La Case de santé est une organisation professionnelle et militante, tout à la fois. Elle s’apparente à un laboratoire en santé communautaire emblématique du renouveau français en la matière. Créée en 2006, conformément à une approche promue par les centres locaux de services communautaires québécois et les maisons médicales belges, elle comprend un centre de santé de premier recours et un pôle santé-droits. Implantée dans le dernier quartier populaire du centre-ville de Toulouse, nourri de vagues d’immigrations successives et en cours de gentrification, elle se présente comme "une alternative allant à contre-courant du modèle traditionnel et biomédical de la médecine libérale"**.

 

Les centres de santé communautaires peuvent voir leur existence remise en cause à tout moment
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