Comment répondre de façon efficace à la demande de soins non programmés que Thomas Mesnier définit son rapport de mai 2018 comme "une urgence ressentie mais ne relevant pas médicalement de l’urgence et ne nécessitant pas une prise en charge par les services hospitaliers d’accueil des urgences" ? La question sous-tend l’expérimentation et la mise en place de diverses mesures visant
à renforcer l’accès territorial aux soins.

Si cette mission fait partie de l’ADN des structures d’exercice coordonné, une bonne organisation de l’offre de soins ne saurait toutefois se cantonner à garantir « simplement » l’accès aux soins premiers. Car il s’agit à la fois de coordonner, dans chaque territoire, l’offre proposée et la demande exprimée mais aussi de proposer une réorganisation profonde de cette offre tout en garantissant une prise en charge optimale.

Selon une étude de la Drees réalisée en 2004, 35 millions de consultations non programmées avaient lieu en ville. En 2015, un sondage BVA notait que 55 % des Français interrogés avaient des difficultés à obtenir un rendez-vous chez un médecin et qu’un pic de demandes était atteint en semaine entre 10 et 11 h et entre 19 et 20 h... Pourtant, note une autre enquête, présentée en 2020, 80 % des généralistes s’organisent "quotidiennement" pour répondre à ces demandes "pour le jour même ou le lendemain, quel qu’en soit le motif".

Or, la réponse aux soins non programmés ne saurait être l’affaire des seuls médecins. Dans un contexte de crise des urgences hospitalières et d’une inégalité de l’accès aux soins dans les territoires, la coordination pluriprofessionnelle et le partage de compétences pourraient apporter une réponse collective à ce problème lié notamment à la démographie médicale, et développer, à travers une définition partagée de la notion des soins non programmés, des prises en charge coordonnées non médicales.

Le nouvel ACI MSP, actuellement en discussion avec l’Assurance maladie, devrait mettre davantage en avant ce volet des soins non programmés, en lien avec le futur service d’accès aux soins (SAS), l’idée étant de "valoriser ceux qui rendent service au groupe, et plus largement au territoire", comme nous l'explique le Dr Jacques Battistoni, président de MG France. Et si la réponse consistait à proposer une approche plus globale et plurielle ?

La suite de cet article est réservée aux abonnés.
Pas encore de compte? Inscrivez-vous
RETOUR HAUT DE PAGE