Article publié dans Concours pluripro, septembre 2021

"Pour faire de l’hypnose, il est nécessaire d’avoir une connaissance en santé humaine. Aujourd’hui, il y a trop de charlatans qui s’inventent hypnothérapeutes", regrette le Dr Max Fleury, médecin généraliste et hypnothérapeute à la MSP Liliane-Coupez, à Orléans (Centre-Val de Loire). Et il le martèle : son fer de lance, c’est que l’hypnothérapie soit reconnue comme une discipline médicale à part entière, dont l’exercice serait réservé aux professionnels de santé, qu’ils soient médecins, psychothérapeutes ou infirmières. Exercer l’hypnose dans les meilleures conditions, avec des praticiens compétents, est, selon lui, le prérequis pour révéler tout le potentiel de la discipline et asseoir sa légitimité, aussi bien auprès des patients que du corps médical et des pouvoirs publics.

 

Une "capacité d'autoguérison"

Sur le papier, le principe est simple : générer chez le patient un état de semi-conscience pendant lequel sa perception de la réalité devient plus malléable, pour ensuite l’amener à formuler et intégrer une solution à son problème, grâce à la puissance de la suggestion. Dans les faits cependant, l’exercice est plus complexe : au-delà de la technique acquise en formation, le praticien doit avoir "le truc", dit Max Fleury : cette capacité à imaginer et à raconter une histoire au patient, mais aussi l’envie profonde et l’énergie d’aller à sa rencontre pour l’accompagner dans l’exploration de son problème. En acceptant d’adhérer au récit proposé, le patient se met alors à imaginer une transformation de sa situation : une démarche qui permet au cerveau de faire émerger des réponses par lui-même et de les ancrer, mettant ainsi en marche "sa capacité d’autoguérison".

Cette aptitude de conteur, Max Fleury s’y retrouve totalement : "Je dis souvent à mes patients que je suis le scénariste, et eux les metteurs en scène." Une qualité qui tient certainement à son appétence pour l’écriture, qu’il cultive depuis ses jeunes années. En effet, étudiant en médecine à l’université François-Rabelais de Tours de 1979 à 1988, il est l’un des fondateurs du journal La Gouazette – en référence à André Gouazé, doyen de l’époque – et notamment responsable de l’écriture de nouvelles. Son diplôme en poche, il choisira même de troquer la blouse blanche contre la carte de presse, pour devenir journaliste médical : à l’époque, bien que la médecine reste sa vocation, il ne se voit pas s’installer en cabinet dès la sortie de ses études "pour ne plus en bouger jusqu’à la fin de [sa] vie".

 

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