Une "journée morte" et une pétition pour interpeller les pouvoirs publics. Depuis l'annonce de l’arrêt, au 30 avril prochain, de l'article 51 Secpa, les réactions s'enchaînent et se ressemblent : d'abord une stupeur générale, suivie d'une profonde inquiétude. "L’annonce récente par le ministère de la Santé de mettre fin, sans transition ni concertation, […] va générer une grave et inacceptable régression de l’accès aux soins des populations en situation de vulnérabilité, éloignées du secteur du soin et des services sociaux", s'indignent certaines structures expérimentatrices dans plusieurs communiqués publiés ce mardi matin. 

Pourtant, l'expérimentation a "fait ses preuves", assurent les centres et maisons de santé concernés qui dénoncent "des conséquences concrètes et dramatiques sur l’accès aux soins". Alors, pour alerter les pouvoirs publics, les 26 structures ont lancé une pétition qui, à ce jour, a déjà récolté plus de 800 signatures. Un geste accompagné d'une "journée morte", jeudi 5 février, pour certaines structures. "Nous fermons le centre, en protestation de ces décisions et en écho aux fermetures prévisibles de nos structures", nous assure ainsi Mélanie Lagrange, coordinatrice du Village 2 santé, à Saint-Denis (Ile-de-France).  


“On les regardait avec respect et envie ces équipes Secpa, lance Marika Denil, infirmière de santé mentale en soins primaires au Pôle de santé Les Allymes (Auvergne-Rhône-Alpes), sur son compte LinkedIn. Respect parce qu'elles font un travail incroyable, un travail qui ne peut se faire avec une rémunération à l'acte classique. (...) Envie parce que même dans une zone de grande mixité sociale, nous sommes en permanence confrontés au renoncement aux soins notamment aux soins psychologiques, psychiatriques et de second recours. Le renoncement, il faut du temps pour l'identifier, il se dit tout bas, ne se manifeste pas si on ne l'interroge pas. La fragilisation de ce modèle par une sanctuarisation précaire a transformé l'envie en inquiétude pour ces équipes Secpa et surtout pour toutes celles qui attendaient une généralisation pour sortir leur structure de la précarité. Le respect, lui, reste et grandit encore. 

Cette décision, prise sans alternative concrète, contredit les engagements antérieurs de l’État et remet en cause sa crédibilité dans le déploiement de l’offre de soins de 1er recours", s'inquiètent les 26 structures qui assurent qu'"enterrer SecPA, ce n’est pas faire un arbitrage budgétaire. C’est faire le choix politique de renoncer à une promesse du Ségur de la Santé et d’abandonner les territoires qui en ont le plus besoin". 

RETOUR HAUT DE PAGE