Dans la lignée du plan présenté le 9 avril dernier par les ministres Rist, Farandou et Amiel, un point presse a détaillé ce matin les évolutions dans la prise en charge des arrêts de travail dérogatoires longue durée et des arrêts de courte durée en lien avec le nomadisme médical, "qui peuvent être répétitifs et parfois clairement abusifs", a ainsi précisé Artus de Cormis, conseiller Accès aux soins, Premier recours et Hôpital auprès de la ministre de la Santé. Deux projets de décret validés hier par le Conseil d'État et dont la publication est "imminente", assure le cabinet, "sur la fin de semaine ou début de la semaine prochaine".
Ainsi, la prise en charge des arrêts de travail dérogatoires longue durée – ces patients avec plus de six mois d'arrêt et qui bénéficient de règles de prise en charge dérogatoires comme les personnes en ALD mais sans être en ALD, par exemple pour des dépressions légères ou des troubles musculosquelettiques – sera davantage envisagée dans la perspective de parcours pluriprofessionnels coordonnés. Car, précise le cabinet de Stéphanie Rist, plusieurs patients en arrêt longue durée n'avaient aucun suivi : 30% des patients arrêtés sur toute l'année 2022 pour des TMS n'avaient pas eu recours à un kinésithérapeute, selon l'Assurance maladie. "Ce qui interroge sur la pertinence de ces arrêts de travail et aussi la réponse qui est apportée", explique le conseiller, ajoutant que la ministre de la Santé est "convaincue" que "le meilleur moyen de soigner un patient, ce n'est pas forcément de l'arrêter sans suivi [mais] plutôt de le suivre médicalement et donc d'insister massivement sur le parcours, la réadaptation, le suivi médical et paramédical renforcé". D'autant que ces arrêts longue durée représentaient, en 2023, "3.17 milliards d'euros pour 401.000 personnes arrêtées" (selon le rapport "Charges et produits" de l'Assurance maladie de 2025). Des chiffres en hausse de 6% par an ces dernières années, "alors que les arrêts des patients en ALD ont augmenté de 1% par an en moyenne".