"Tout est parti d'un constat épidémiologique, se souvient Yannick Bejot, chef du service de neurologie, de l'unité neurovasculaire et de la consultation mémoire au CHU Dijon Bourgogne. Depuis plus de quarante ans, nous avons la chance d'avoir à Dijon, un des plus anciens registres – et toujours en activité – des AVC." Et dans le cadre de leurs études habituelles/régulières sur le pronostic des patients, Yannick Bejot et Maurice Giroud mettent en lumière, il y a plusieurs années, le fait qu'environ un tiers des patients présentant un AVC étaient réhospitalisés de manière non programmée dans l'année qui suivait cet accident vasculaire cérébral.
"Non seulement ce chiffre nous paraissait assez élevé mais en plus on avait remarqué qu'avant d'être réhospitalisés, ces patients présentaient souvent des complications… Des patients qui, sans doute, avaient, à un moment donné, échappé au parcours patient post-AVC", explique-t-il. Un constat sévère "d'autant plus qu'il s'agit de la population de Dijon intra-muros donc une population qui a un accès au soin particulièrement privilégié par rapport à d'autres populations de notre territoire bourguignon", souligne le médecin. Un chiffre sans doute "plus important dans des populations où l'accès aux ressources médicales, paramédicales est limité", estiment les deux praticiens, persuadés que sur "ce parcours des patients, il y avait des choses à faire."