"Le suivi des patients en amont et en aval de la pose du TAVI peut être assuré par d’autres centres que le centre implanteur." C'est ce que précise le nouveau cahier des charges de l'article 51 "OPéRA : optimisation du parcours de soins du patient TAVI", modifié par un arrêté publié le 15 juin au Journal officiel. Ainsi le CHU de Nîmes s'intègre comme centre expérimentateur afin de percevoir directement de la part de l’Assurance maladie le versement du forfait de coordination. "Les patients suivis à Nîmes étaient bien prévus dans les effectifs initiaux du CHU de Montpellier, nous précise le ministère de la Santé, mais il s’avère plus licite de verser le forfait à Nîmes étant donné que l’ensemble des tâches de coordination de parcours et de collecte de données sont réalisées par Nîmes."
Portée par la Société Française de Cardiologie et le CHU de Rouen, l'article 51 OPéRA permet d'optimiser le parcours de soins du patient TAVI (Transcatheter Aortic Valve Implantation), qui est une technique française inventée en 2002 par Alain Cribier, cardiologue français, PUPH émérite du CHU de Rouen. Cette alternative peu invasive à la chirurgie cardiaque classique permet de traiter les sténoses aortiques sévères, touchant jusqu’à 30 % des plus de 85 ans. En 2023, plus de 19.500 patients ont bénéficié de cette intervention en France.
Ainsi, si le Tavi a "révolutionné" la prise en charge des cardiopathies valvulaires, le parcours patient quant à lui, reste encore "trop hétérogène", et parfois "long et générateur de pertes de chances" avec des "délais excessifs, examens redondants, suivi post-opératoire incomplet…" comme le souligne le CHU de Rouen sur son site. Objectif du dispositif donc, améliorer et garantir un parcours coordonné et standardisé en amont et en aval de la procédure, pour améliorer la qualité des soins et l’expérience des patients. Le dispositif prévoit notamment la création d’une cellule de coordination dans chaque centre ainsi que le déploiement d’une plateforme numérique de suivi pour fluidifier les parcours et le suivi.
Au total, cet article 51, qui se terminera courant 2028, devrait inclure 7.000 patients durant les trente mois d'expérimentation.